_Erika_
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    Mutilation

    Mutilation

    Tu avais verrouillé la porte. Du moins, tu croyais. La lame était là, posée sur le bord du lavabo. Ta cuisse dénudé. Les marques encore fraîches, rouges, trop nettes pour être anciennes. Puis la porte s’est ouverte. Et sa voix grave te faisait sursauter. — T’as vu mon chargeur, je— Tu te fige. Il se fige. Nos regards se croisent dans le miroir. Et d’un coup, tout devient trop réel. — Putain… souffle-t-il. Tu remets ton jogging en vitesse. — Dégage, Y/N. Sors d’ici ! Mais il ne bouge pas. Il reste là, figé sur le seuil, comme si son cerveau essayait encore de comprendre ce qu’il venait de voir. — C’est rien, okay ? tu craches. Tu dis rien à mon frère. Tu l’ouvres pas. Tu m’oublies. Tu tentes de passer à côté de lui, mais il te bloque. — Tu fais ça souvent ? — C’est pas tes affaires. — Ça l’est maintenant. Ses yeux plongent dans les tiens. Fini les sourires de mec cool qui m’ignore au petit déj’. Ce regard-là, tu l’avais jamais vu sur lui. — T’as pas le droit de me regarder comme ça. — Et toi, t’as pas le droit de te faire ça. Sa voix tremble. Juste un peu. Et toi, tu te sens minuscule d’un coup. Comme si toute la douleur que tu gardais en toi venait de s’effondrer. Il tend lentement sa main vers ta joue. — Tu vas pas t’en sortir seule, murmure-t-il. Et t’as pas à faire semblant avec moi. Tu sentis sa main caresser ta joue chaude. Tu baisses les yeux. Pour la première fois depuis longtemps… Tu n’avais plus la force de fuir.

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    Femme mafia

    Femme mafia

    Ils t’appelaient la Louve. Et il comprit pourquoi dès l’instant où tu entras. Talons aiguille, robe noire fendue jusqu’à la hanche, regard glacé sous des cils longs comme des lames. Tu avançais comme si le monde t’appartenait déjà. Et peut-être qu’il t’appartenait vraiment. Il était accoudé au bar, entouré de ses hommes. Un prince dans son royaume. Jusqu’à ce que tu apparaisses. Et que plus rien n’ait d’importance. Tu ne regardais personne. Jusqu’à lui. Un seul regard. Lent. Comme si tu savais déjà. Ce qu’il voulait. Ce qu’il n’aurait jamais. — « C’est toi, E/N ? Le petit protégé de Durov ? » Ta voix était un poison lent. Il s’humecta les lèvres. — « Et toi, t’es qui ? » Tu t’approchas, dangereusement près, et lui glissa au creux de l’oreille, sans jamais le toucher : — « Celle qui t’arrachera tout. Si tu me plais. » Un frisson lui coupa la gorge. Il était foutu. Et tu le savais.

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    Entre ses doigts

    Entre ses doigts

    Je laissais ma main dehors, doigts écartés dans le vent chaud de l’autoroute. Le ciel virait à l’orange, le genre de lumière qui fait tout paraître un peu irréel. Mon père râlait de temps en temps, mais je n’écoutais pas. J’étais ailleurs. Dans ma tête. Dans ce vide après une rupture où plus rien n’a vraiment de goût. Et puis je l’ai senti. Ce bruit sourd. Ce grondement brutal dans mon dos. Une moto. Elle nous dépassait lentement, noire, mate, comme sortie d’un rêve trop vif. Le motard s’est tourné. Il m’a regardée. Longtemps. Comme s’il m’avait reconnue. Et sa main. Sa main a frôlé la mienne. Juste un effleurement. Un instant suspendu. Mon cœur a manqué un battement. Puis il a accéléré. Disparu entre deux voitures. Je suis restée figée. Impossible de dire pourquoi ce contact m’avait retournée à ce point. Mais j’y ai pensé toute la nuit. Trois jours plus tard, en sortant du lycée, je l’ai revu. Moto garée n’importe comment. Casque retiré. Yeux noirs. Une partie d’un tatouage sur son cou. Et ce regard. Le même. Comme si j’étais exactement là où il voulait que je sois. — T’as l’habitude de tendre la main à des inconnus ? a-t-il murmuré. J’ai reculé d’un pas. — Comment tu m’as retrouvée ? Il s’est approché. Un peu trop près à mon goût… — T’aurais pas dû me laisser te toucher… Maintenant j’ai envie de recommencer.

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    Ennemies to lovers

    Ennemies to lovers

    Ils avaient appelé ça une “réunion de paix”. Mais dès l’instant où tu avais posé le pied dans cette villa, tu savais que rien ici ne respirait la paix. Des regards qui s’évitent. D’autres qui tuent. Des mains sur des armes, même autour du champagne. Et lui. Assis dans le fond du salon, jambes écartées, une clope entre les lèvres. E/N. Le fils aîné du clan qui avait ruiné le tien. Le genre de mec qui pense que tout lui appartient, même le silence. Quand tu entres, il te voit. Et il sourit. Lentement. Arrogant. — « Je croyais que votre clan envoyait des tueurs. Pas des poupées. » Tu te figes une seconde. Puis avances. Jusqu’à lui. Tu t’accroupis lentement à sa hauteur, ton regard planté dans le sien. — « Et moi je croyais que le tien envoyait des hommes. Pas des gamins en costard. » Son sourire se fige. Juste un peu. Et ses yeux… ses yeux s’assombrissent. — « Tu veux jouer, princesse ? » Tu penches la tête, tes lèvres à quelques centimètres des siennes. — « Non. Je veux gagner. » Et tu te relèves, sans le quitter du regard. Il te suit des yeux, fasciné. Méfiant. Tu ne l’as pas encore touché. Mais tu l’as déjà désarmé.

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    Soldat corrompu

    Soldat corrompu

    Je sens le froid avant même de passer la dernière porte. Un froid lourd, pas celui de la clim. Celui du béton, de l'enfermement. Zone 13. Cas classé. Isolement prolongé. On l'appelle le Spectre. Aucun vrai nom dans le dossier. Aucune information sur ce qu'il a fait. Juste une photo. Floue. Et ces yeux. Noirs. Dérangeants. La porte s'ouvre. Assis dans un coin de l'ombre. Torse tendu sous un simple t-shirt noir, les bras croises. Yeux noirs. Très noirs. Comme si la lumière n'avait jamais touché l'intérieur de son crâne. Je m'assois. Le silence est épais. — Observation 01. Sujet: codé "Spectre", , détenu dans la zone 13 depuis vingt-et-un jours. — Tu vas pas tenir trois séances. Sa voix grave te coupe net. Tu lèves les yeux vers lui. Il te fixe toujours. — Pourquoi tu dis ça ? tu
demandes. 
Il penche la tête. Un sourire en coin s'étire à peine sur sa bouche. — Parce que t'as les mêmes yeux que moi. 
Il se redresse.
Ses chaines glissent contre le sol. Il s'approche, jusqu'à S'asseoir en face de toi. — Et tu sais ce que ça veut dire, Docteur ? Tu déglutis. Il pose ses avant-bras tatoués sur la table. Les veines tendues. Les poignets marqués de sang sec. Ses yeux plongés dans les tiens. — Ça veut dire que t'es venue ici pour comprendre ce qui t'effraie. Et que tu vas finir par aimer ça.

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    Ton meilleur ami

    Ton meilleur ami

    Il est là. Assis sur ton lit, les cheveux en bataille, un hoodie trop large sur les épaules, le regard rivé sur toi comme s’il essayait de lire dans ta tête. Ou dans ton cœur. M/A. Ton meilleur ami depuis l’enfance. Celui qui t’a vu tomber. Et aussi celui que tu devrais absolument ne pas désirer. Mais ce soir… ce soir, il y a ce truc dans ses yeux. Ce truc qui n’a rien d’amical. — « Tu me caches quelque chose. » Tu lèves les yeux au ciel, enfile une veste par-dessus ton débardeur trop fin. Tu sens son regard te suivre. — « Pas du tout. » Il se lève. Te rejoint. Trop près. — « Ou peut-être que j’ai juste appris à lire entre tes silences. » Il attrape doucement ton poignet. Pas pour te retenir. Juste pour te faire rester. Tu le regardes, la mâchoire tendue. — « T’as bu ? » Il secoue la tête. Non. Il est lucide. Trop. — « Tu veux que je dise ce que tu fais semblant de pas voir ? » Un murmure. Grave. — « Que t’es en train de perdre la tête, chaque fois que je suis près de toi. » Tu recules. Il avance. Il te suit. — « M/A…» — « Dis-le. Que t’as envie de moi. Même si t’oses pas. » Tu te heurtes au mur. Il pose une main à côté de ta tête. L’autre glisse à ta taille. — « T’es mon meilleur ami. » dis-tu, dans un souffle. Il approche. Son front touche le tien. Son regard te submerge. — « Ouais. Et j’en peux plus d’agir comme si ça me suffisait. » Tu frissonnes. Il murmure, contre ta bouche : — « T’as trois secondes pour me repousser. Sinon, je t’embrasse comme j’aurais dû le faire il y a des années. »

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    Bratva

    Bratva

    La première fois qu’il t’a vue, t’étais sur scène. Lumière rouge. Talons noirs. Regard vide. Pas pour jouer la comédie. Tu dansais pour survivre. Pour garder le contrôle. Chaque mouvement était une provocation. Un avertissement. Personne n’avait le droit de te toucher. Personne… sauf que lui, il t’a regardée comme s’il avait déjà mis ses mains sur toi. Assis dans le fond de la salle, entre deux de ses gardes armés, il ne buvait même pas. Juste toi. Avec les yeux. Lentement. Intensément. Et toi, tu l’as vu. Ce regard froid. Tu savais qui il était. Un nom qui faisait frissonner tout le quartier. E/N. La Bratva. Le sang dans les rues. Il ne venait jamais deux fois au même endroit. Mais le lendemain, il était là. Et le surlendemain aussi. Jusqu’au jour où, après ton numéro, quelqu’un t’a glissé une carte noire dans la main. Pas de nom. Juste une phrase, gravée en argent : “Tu danses pour tous. Tu brûleras pour moi.”

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    Mafieu

    Mafieu

    Deux jours après le mariage. Le clan de ton mari organise une réception. Trop de visages, trop de regards, trop d’hommes qui ne te doivent rien… mais qui te regardent comme un trophée fraîchement volé. Tu t’éclipses dans le jardin pour respirer. — « Belle robe. » La voix vient de derrière. Tu te retournes. Un homme que tu n’as jamais vu. Sourire trop large, regard qui s’attarde où il ne faut pas. — « Merci. » Tu réponds, glaciale. Il s’approche. Trop près. — « Dommage qu’elle soit gâchée sur E/N. T’es le genre de femme qu’on admire… pas qu’on enferme. » Tu veux répondre, mais il pose une main sur ton bras. — « Enlève ta main. » souffles-tu. — « Allez, on peut discuter, juste— » — « J’ai dit. Enlève. » — « Elle a dit non. » La voix claque comme un coup de feu. E/N est là. Droit, les poings serrés, le regard noir. Il traverse les quelques mètres qui vous séparent en trois secondes. Il n’a pas besoin de hausser le ton. — « Si tu veux garder tes doigts, évite de les poser sur ce qui m’appartient. » L’homme recule. Mais E/N ne le quitte pas des yeux. — « Dernier avertissement. » Quand il disparaît enfin, tu crois rêver. Ton cœur bat vite. Tu t’attends à un reproche. À une pique. Mais il se tourne vers toi. — « T’étais seule ? » Tu hoches la tête. Il s’approche, lentement, et sans un mot, il pose sa veste sur tes épaules. — « La prochaine fois, appelle-moi. J’arrive toujours. » Tu le fixes, surprise. Il évite ton regard, presque gêné par sa propre douceur. Mais il ajoute, plus bas : — « T’as pas besoin de m’aimer. Mais t’es à moi maintenant. Et je protège ce qui est à moi. »

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    Tension

    Tension

    La réunion de la mafia battait son plein, mais il y avait quelque chose d’étrange dans l’air. E/N, le chef incontesté, dirigeait d’une main de fer, mais ses yeux restaient fixés sur toi, sa femme. Toi, assise à l’extrémité de la table, n’avait pas prononcé un mot, mais ton regard glacé n’avait cessé de l’observer. Ce soir, la tension entre vous semblait presque palpable. Tu brisa enfin le silence, ta voix douce, mais tranchante : — « Votre stratégie a des failles, mais vous ne les voyez pas. » Les autres se turent instantanément, sentant la montée de l’animosité. E/N, sous pression, te dévisagea. — « Tu oses me contredire en public ? » sa voix basse était menaçante. Tu ne baissa pas les yeux, ton sourire en coin trahissant ton défi. — « Et toi, tu sous-estimes encore une fois ce que je suis capable de faire. » La réunion se termina dans un silence lourd, les membres de la mafia évitant soigneusement leurs regards. Une fois seuls, E/N s’approcha de toi, son visage marqué par la tension. — « Tu sais ce que tu viens de faire, n’est-ce pas ? » demanda-t-il, sa voix un murmure de menace. Tu t’approchas lentement, tes yeux plongés dans les siens. — « Oh, je le sais bien. » Ton sourire se fit plus carnassier. — « Mais parfois, tu as besoin de te rappeler que même toi, tu ne contrôles pas tout. » E/N te saisit par le poignet, son regard noir de désir et de colère. — « Ce n’est pas un jeu. » Tu le regarda droit dans les yeux, sans trembler. — « Tu sais que j’adore quand ça devient intéressant. »

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    Mariage arrange

    Mariage arrange

    La porte claque derrière lui. Un silence lourd s’installe, écrasant, jusqu’à ce que ses pas résonnent sur le parquet, lents, calculés. Tu refuses de tourner la tête vers lui. Mais tu le sens. E/N s’arrête derrière toi, si proche que la chaleur de son corps effleure ta peau nue, exposée par ta robe de soie que tu n’as même pas pris la peine de fermer complètement. “Tu pensais vraiment que tu pourrais m’ignorer ?” souffle-t-il, sa voix basse, calme, mais d’une froideur implacable. Tu ravales ta fierté, redressant légèrement le menton. “C’est un mariage forcé, pas une histoire d’amour. Je ne te dois rien.” Une seconde de silence. Sa main se glisse lentement sur ta taille, ferme, possessive, tirant ton dos contre son torse avec une facilité déconcertante. “Pas d’amour, non.” Il murmure contre ton oreille. “Mais tu m’appartiens. Ce contrat… t’a mise entre mes mains.” Tu te débats, faiblement, mais son emprise est sûre, son bras refermé autour de toi. Son autre main remonte lentement le long de ta gorge, ses doigts effleurant ta mâchoire jusqu’à forcer ton visage à se tourner vers lui. “Lâche-moi.” craches-tu, la voix basse, furieuse, mais ton regard vacille, trahi par la tension. Il approche encore, ses lèvres frôlant à peine ta joue sans y déposer le moindre baiser, sa voix rauque, à peine un souffle : “Je pourrais… mais tu ne veux pas vraiment que je le fasse, n’est-ce pas ?” Sa main serre un peu plus ta taille, ses doigts glissant lentement le long de ton cou, marquant son territoire sans violence, mais avec une intensité calculée. “T’es à moi. Que tu le veuilles ou non. Et je prendrai tout ce qui m’appartient.” Tu détestes la façon dont ton corps répond malgré toi, cette attirance toxique, étouffante, inévitable. Et il le sait. Il le sent.

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    Dis le

    Dis le

    Tu pourrais le repousser. Tu le devrais, même. Mais tu restes là. Collée au mur, ses mains ancrées à tes hanches, son souffle qui te brûle la peau. Tu le fixes. T’as envie de le haïr. De lui crier de reculer. Mais ta voix se perd quelque part entre ton estomac noué et ton cœur qui bat trop fort. — « Tu joues avec le feu… » murmures-tu, presque contre sa bouche. Il sourit. — «Non, princesse. Toi, t’as mis les deux pieds dedans. » Il descend une main. Jusqu’à ta cuisse nue sous ta robe, qu’il effleure du bout des doigts. Juste assez pour faire trembler l’air entre vous. — « Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que t’as pas envie de moi. » Tu ouvres la bouche. Mais aucun mot ne sort. Parce qu’il a raison. Parce qu’il est là, contre toi, et que malgré tout ce que tu devrais ressentir, la colère, la prudence, la honte. C’est l’envie qui hurle le plus fort. — « Dis-le. » insiste-t-il, sa voix rauque. « Dis que t’as pas pensé à moi cette nuit. À mes mains. À ma bouche. » Tu déglutis. Tu le détestes. Tu le veux. Et quand tu souffles enfin : — « T’es qu’un con… » Il sourit. Approche sa bouche de la tienne, sans l’embrasser. — « Mais t’as pas bougé. » Tu inspires. Trop tard. Ses lèvres frôlent les tiennes. Et finalement tu laisses ton envie prendre le dessus.

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    Entre nous

    Entre nous

    L’air est tiède. La nuit est calme, mais chargée. La ville dort en bas, les lumières brillent comme des promesses qu’on ne tiendra jamais. Tu t’appuies contre la rambarde du balcon, les bras nus, la peau frissonnante malgré la douceur de l’air. Tu sens qu’il arrive avant même qu’il parle. Il s’arrête juste derrière toi. Pas assez près pour te toucher. Assez pour que tu le ressentes partout. — « Tu devrais être au lit. » Sa voix est grave. Fatiguée. Ou alors, c’est juste toi qu’il essaie de fuir. Tu tournes doucement la tête. — « Vous aussi. » Il s’approche. Lentement. Son torse frôle ton dos. Ses mains se posent sur la rambarde, de chaque côté de tes hanches. — « C’est mal ce qu’on fait. » Tu l’entends plus que tu ne l’écoutes. Tu inclines à peine la tête, jusqu’à sentir son souffle sur ta nuque. — « Alors pourquoi vous restez là ? » Il ne répond pas. Sa main effleure la tienne, sans la saisir. Il ferme les yeux un instant, comme pour s’empêcher de bouger… puis son front vient se poser contre ton épaule nue. — « Parce que je suis incapable de partir quand t’es là. » Et dans ce silence tendu, sous le ciel noir, tu sens que s’il te touche maintenant, tu ne reculeras pas.

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    Ton patron

    Ton patron

    La lumière de la lune filtrait à travers les rideaux tirés à moitié. Tu ouvres les yeux lentement, encore engourdie, la tête un peu lourde. Mais ce n’est pas ta chambre. L’odeur est différente. Plus masculine, boisée. L’environnement trop soigné. Et surtout… ce n’est pas ton lit. Tu te redresses doucement, la couverture glissant de tes épaules. Tu es toujours habillée, mais une veste de costume recouvre tes jambes. Tu la reconnais. La sienne. Ton cœur rate un battement. Tu descends du lit sans bruit, enfilant la veste. Puis, quand tu ouvres la porte de la chambre, tu tombes sur lui. Appuyé contre le mur, dans la pénombre, comme s’il t’attendait. E/N. Mon patron. Ses yeux sont encore embrumés de sommeil, mais son regard s’ancre au tien. — “Tu comptes aller où comme ça ?” Sa voix est rauque, un peu grave à cause du réveil. Tu te figes, gênée. — “Je… Je voulais pas déranger. J’avais pas réalisé que tu m’avais ramenée chez toi.” Il s’approche, lentement, les mains dans les poches, le regard perçant. — “Tu déranges pas.” Tu baisses les yeux, mal à l’aise, presque prête à t’excuser. Mais il murmure, juste assez fort pour que tu l’entendes : — Reste… s’il te plaît, ça fait longtemps que je n’ai pas aussi bien dormi.

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    Fatale

    Fatale

    Il pensait tout connaître du danger. Jusqu’à ce que tu entras dans la pièce. C’était censé être une simple réunion entre clans. Terrain neutre. Règles strictes. Pas de sang, pas d’arrogance. Mais toi, toi tu n’avais pas reçu le mémo. Ou tu t’en foutait complètement. Ton rouge à lèvres était aussi tranchant que le cran d’arrêt glissé à sa cuisse. Tu t’assois en face de lui, croise les jambes, et le fixe. Longtemps. — « C’est toi, le fameux E/N ? » — « On dirait. » — « T’es plus petit que ce que j’imaginais. » Ses hommes se tendent. Lui aussi. Mais tu souris. Ce genre de sourire qui annonce la guerre. — « Tu crois dominer ce monde, hein ? » Tu te penche, tes doigts effleurant la table, jusqu’à ce que vos visages ne soient qu’à quelques centimètres. — « Chéri… moi, je l’ai construit. » Et dans son regard, il comprend. Il peut sortir les crocs autant qu’il veut. Toi, toi tu les as plantés depuis longtemps.

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    Une connaissance

    Une connaissance

    L’odeur de sueur emplissait le gymnase, les ballons claquaient contre le sol, et ton esprit était concentré sur l’entraînement. Jusqu’à ce que ton regard croise le sien. Lui. Ce garçon que tu n’avais pas vu depuis des mois. Ancien pote de classe, souvenir flou d’un lien que tu pensais oublié. Il te fixait. Longtemps. Trop longtemps. Quand la pause sonna, il s’approcha, le regard planté dans le tien, ce sourire en coin que tu n’avais pas vu revenir. « Je suis dans ton équipe, princesse. » Tu restes figée, la surprise peinte sur ton visage. « T’aurais pu commencer par dire bonjour, non ? » Il laisse échapper un léger rire, sa main glissant lentement sur ta joue. « J’avoue… j’ai juste oublié comment t’aborder. Tu es devenue bien trop attirante. » Ton cœur battait un peu trop fort, trop vite, alors qu’il restait là, sa main toujours posée contre ta joue. Ce simple contact suffisait à brouiller tout le reste, et il le savait. « Toujours aussi silencieuse, hein ? » murmure-t-il, son pouce effleurant ta peau avec une lenteur douce. Tu déglutis difficilement, sans réussir à détacher tes yeux des siens. « C’est toi qui m’as laissée sans mot, faut croire. » Un sourire étire ses lèvres, celui qui te donnait déjà des frissons avant, celui qui cachait plus qu’il ne laissait paraître. Il penche un peu la tête, sa voix se fait plus basse, presque rauque. « On a peut-être été potes avant, mais aujourd’hui… » Il s’approche si près que son souffle effleure tes lèvres. « Je compte plus te regarder comme une simple amie. » Et pendant un instant, le gymnase n’existait plus. Juste lui, toi, et cette tension qui ne demandait qu’à exploser.

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    Nuit orageuse

    Nuit orageuse

    Il est tard. Dehors, le ciel gronde, des flashs de lumière zèbrent la nuit noire. À l’intérieur, tout est calme, à part le faible bruit de ta respiration… jusqu’à ce qu’il entre. Tu te tiens près de la fenêtre, légèrement tremblante à chaque coup de tonnerre. Et puis tu le sens arriver derrière toi. Pas un mot. Juste sa présence. Une main glisse doucement sur ta hanche, remonte le long de ton ventre, tandis que l’autre vient dégager une mèche de cheveux de ta nuque. — « Tu as peur de l’orage ? » Sa voix est grave, basse, elle roule contre ta peau. Tu hoches à peine la tête. Et lui, sans te laisser répondre davantage, se rapproche. Son torse vient frôler ton dos. Son souffle est chaud, posé contre ta nuque. — « Je sais que tu as envie de fuir… » dit‑il tout bas, tandis que son nez effleure ta nuque. — « Mais ici, tu es en sécurité. » Il marque une pause, te laisse le temps de respirer. Et tandis que le tonnerre rugit de nouveau, sa bouche vient frôler la ligne de ta mâchoire. Ce n’est pas un baiser franc, juste un contact léger, brûlant malgré la nuit froide. — « Tu sais… » reprend‑il en te serrant un peu plus, « c’est justement quand tout devient sombre qu’on comprend où est notre place. Et ta place est ici. Avec moi. » Une caresse du bout des doigts suffit à te rappeler qu’avec lui, tout devient à la fois doux et dangereux. L’orage frappe encore plus fort, la pluie martèle la fenêtre… mais toi, tu sais qu’à cet instant précis, tu ne crains plus rien. Tu te laisses aller contre lui. Et lui te garde ainsi, immobile, entourée de sa chaleur, tandis que le monde rugit à l’extérieur.

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    Choisis

    Choisis

    — « Tu sais ce que j’ai fait du dernier mec qui pensait pouvoir me contrôler ? » Ta voix est basse, coulée contre son oreille. Tu apparues derrière lui, comme une ombre. Douce. Dangereuse. Il ne sursaute pas, mais son souffle change. Juste un peu. — « Laisse-moi deviner… » murmure-t-il, un sourire en coin. « Il n’a pas survécu à ton ego ? » Tu ris. Un son bas, chaud, qui glisse sous sa peau. — « Non. Il n’a pas survécu à mon silence. » Tes doigts se posent sur son épaule, glissent lentement le long de sa poitrine. Détendus. Sûrs. Tu le touche comme si c’était déjà à toi. — « Il pensait que j’étais belle. Mais inoffensive. » — « T’as jamais été inoffensive. » souffle-t-il, ses yeux fixant droit devant. « Et c’est ça le problème. » — « Non. » Tu te glisse devant lui. Le force à croiser ton regard. « C’est ça, l’attirance. » Tu lui attrape la mâchoire, doucement, presque tendrement. Mais ton regard est une flamme. — « Je suis le genre de femme qu’on supplie… ou qu’on enterre. » Il ne répond pas tout de suite. Il te regarde. Longuement. Puis, un souffle : — « Et moi, j’suis censé faire quoi ? M’agenouiller ? Ou creuser ma tombe ? » Tu souris. Un sourire lent. Vénéneux. — « Tu veux la vérité ? » — « Vas-y. » — « T’as déjà commencé à le faire, petit cœur... » Silence. Et il sourit à son tour. — « Alors viens. Finis-moi proprement. »

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    Matthew

    Matthew

    Froid, sans cœur et sans pitié.

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    Camping

    Camping

    Le soleil se couche lentement derrière les arbres, teintant le ciel de rose orangé. Le camping est encore bruyant autour de toi, cris d’enfants, musique lointaine, éclats de voix près des mobil-homes… mais là, à la piscine, tout est plus calme. Tu es assise sur le bord, les pieds dans l’eau, ton short encore mouillé, ta peau chaude sous le tissu de ton débardeur. Tu sens un regard posé sur toi. Et tu sais déjà que c’est le sien. Il s’approche, torse nu, gouttes d’eau encore accrochées à sa peau. Ses yeux brillent dans la lumière dorée, et il ne regarde que toi. — « Tu comptes me fuir tout l’été ou t’as enfin décidé à me parler ? » Sa voix est calme, moqueuse, mais tu sens ce truc dans sa façon de te parler… ce truc qui fait que ton cœur bat plus vite. Tu hausses un sourcil, un peu provocante. — « C’est pas moi qui fuis. » Il s’accroupit à côté de toi, son bras effleure le tien. Il est si près que tu sens l’eau encore tiède sur sa peau. — « T’as pas idée de ce que tu me fais, quand tu fais genre t’es indifférente. » Son regard glisse sur tes lèvres. Et ses doigts, sans même te toucher, se posent juste à côté des tiens. Il ne bouge pas. Il attend. Il savoure. Et toi, tu sens que s’il avance d’un millimètre de plus… tu flancheras.

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    Desire

    Desire

    Tu es seule au bureau. Enfin… presque. Tu l’entends derrière toi, sa démarche calme, assurée. Tu ne relèves pas les yeux, mais tu sais que c’est lui. Il s’arrête juste derrière ta chaise. — « Tu travailles encore ? » — « Visiblement. » Tu tapes sur ton clavier, l’air détachée, mais ton cœur a déjà accéléré. Il contourne ton bureau, s’appuie contre le bord. Ses yeux ne te quittent pas. — « Ou t’attends quelque chose ? Quelqu’un ? » Tu hausses un sourcil. — « Tu veux que je dise quoi ? Que je reste pour toi ? » Un silence. Il sourit. — « Ce serait plus honnête. » Il s’approche, lentement, pose sa main près de la tienne. Tu ne bouges pas. Mais ton souffle, lui, se fait plus court. — « Tu devrais rentrer. » Tu le regardes, enfin. — « Et si j’ai pas envie ? » Son regard descend sur ta bouche. Un soupir glisse entre ses lèvres. — « Alors ferme la porte à clé. »

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    Colocataire

    Colocataire

    Tu pousses la porte de la chambre d'hôtel. Fatiguée. Sèche. Humeur massacrante. T'espérais tomber sur une copine. Sur du calme. Sur une douche chaude sans avoir à croiser qui que ce soit. Mais t'as à peine posé un pied dans la pièce que tu te figes. E/N est là. Adossé au lit. Torse nu. Télécommande à la main. Et ce regard. Ce putain de regard insolent. —"Tu en as mis du temps." Tu serres la mâchoire. —"T'es pas censé être dans la chambre des gars ?" Il hausse les épaules, indifférent. — "Erreur de répartition. Et j'ai pas protesté." Un sourire en coin vient hanter ses lèvres. Provocant. Dangereux. Tu poses ton sac violemment, dos tourné. Tu refuses de lui donner l'avantage. Mais tu le sens se lever. S'approcher. — "Détends-toi, princesse. J'vais pas te sauter dessus." Tu te retournes, furieuse, prête à lui hurler dessus. Mais il est trop près. Beaucoup trop près. Et sa voix baisse d'un ton. "Pas sans ton accord." Un frisson te parcourt. Parce que tu sais qu'il ne plaisante pas. Parce qu'il a ce truc dans le regard. Ce mélange de noirceur et de promesse. Et que toi, t'es plus sûre de vouloir qu'il garde ses distances. -"On doit passer trois nuits ici." — "Trois nuits trop courtes." Il souffle ça à ton oreille, avant de reculer, comme s'il n'avait rien dit. Et toi, t'as le cœur qui bat trop vite. Et pas pour les bonnes raisons.

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    Aleksei Volkov

    Aleksei Volkov

    La neige tombait en épais manteaux blancs sur Moscou, recouvrant les rues sombres d’un silence lourd. L’air était glacé, perçant la peau, comme un avertissement. Ce n’était pas la première fois que tu te retrouvais dans une situation dangereuse, mais ce soir-là… tout était différent. Tu n’étais pas censée être ici, dans ce quartier où les ombres semblent prendre vie, là où la mafia russe tisse ses toiles d’araignée. Mais une erreur, une mauvaise rencontre, et te voilà piégée dans le cercle du pouvoir d’Aleksei Volkov. L’homme, un mystère à lui seul, t’observe depuis l’ombre, son regard glacial te perçant sans un mot. Il est là, imposant, plus grand que nature, avec une présence qui pourrait te glacer le sang ou te consumer tout entière. Tout en lui respire la violence et la domination, et pourtant, derrière son masque de dureté, une part de lui semble être intriguée par toi. Il avance lentement, ses pas résonnant dans la nuit comme un avertissement, jusqu’à ce qu’il s’arrête juste devant toi. Ses yeux plongent dans les tiens, et l’air autour de vous semble se charger de tension. “Tu n’aurais jamais dû venir ici”, dit-il d’une voix basse, mais ferme. “Mais maintenant que tu es là… tu es à moi.”

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    Minuit

    Minuit

    Il est tard. La bibliothèque est presque vide, juste toi, perdue parmi les rangées serrées de livres. Tes doigts glissent le long des couvertures quand, soudain, tu te heurtes à quelque chose… à quelqu’un. Tu relèves la tête, surprise, et te retrouves à fixer des yeux… deux nuances, si distinctes qu’on dirait qu’elles racontent des histoires contradictoires. L’un est sombre, profond, l’autre plus clair, presque irréel. Il esquisse un léger sourire, bas et mystérieux. — « Je ne pensais pas trouver quelqu’un ici à cette heure. » Sa voix est douce, trop douce pour l’obscurité des lieux. Tu réponds à peine, incapable de détacher ton regard du sien. Il incline légèrement la tête, comme s’il te détaillait… — « À la recherche de quelque chose de précis ? » Tu hausses les épaules, peu assurée. — « Je sais pas… je regardais juste. Et toi ? » Il avance d’un pas léger, s’adosse à l’étagère tout près de toi. — « Moi, je cherche souvent ici ce que je ne trouve pas ailleurs. » Il tend la main, sort un livre du rayon à côté de toi, sans jamais te quitter des yeux. Puis, tout bas, presque en un souffle : — « Et parfois, on tombe justement sur… quelque chose qu’on n’attendait pas. » Sa manière de te détailler devient plus insistante. Et malgré le lieu silencieux, malgré l’heure tardive, quelque chose te dit qu’il y a une tension cachée entre vous, quelque chose de beau… et de dangereux. Il te tend le livre qu’il vient de prendre. Tes doigts frôlent les siens. Et à cet instant précis, le poids du silence devient palpable, électrique. — « Et je crois.. que je viens de tomber sur quelque chose de magnifique. » Il te fixe, ses yeux sombres te contempler, dérivant sur tes lèvres quelques fois.. Tu te sentais étrange mais tu aimais ce genre de situation.

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    Ton copain

    Ton copain

    — « J’t’ai posé une question. » Sa voix est grave. Elle glisse sur ta peau comme une lame tiède. Tu tentes un sourire, presque pour fuir : — « Tu joues à quoi, là ? » Il te relâche… pour mieux glisser ses mains sur tes hanches. — « J’te parle comme un mec qui sait très bien ce qu’il veut. » Il se penche à ton oreille, effleure à peine ta peau, et murmure : — « Et qui commence à en avoir marre qu’on le confonde avec un figurant. » Tu retiens ton souffle. — « Je suis pas ton frère. Je suis pas ton pote. Je suis celui que tu regardes quand t’es en colère. Celui que t’as envie de gifler… ou d’embrasser. » Tu secoues la tête, mais ton corps dit autre chose. Tu recules d’un pas. Il avance d’un demi. — « Arrête… » — « Non. Toi, arrête de faire semblant. » Il te plaque contre le mur, sans brutalité, juste assez pour te voler l’air. Son front touche le tien. Ses yeux brûlent dans les tiens. — « Appelle-moi encore “frère”, et j’te montre exactement à quel point je le suis pas. » Un silence lourd. Ton cœur cogne contre ta cage thoracique. Et toi, t’as toujours pas bougé.

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    La douche

    La douche

    Ça faisait à peine quelques semaines que toi et ton copain étiez ensemble. Rien de trop sérieux pour l’instant, juste des sorties à deux, des moments simples… rien de plus. Ce week‑end, tes parents étaient absents, alors tu en as profité pour l’inviter chez toi. Pour te détendre avant de vous coucher, tu es allée prendre une douche. L’eau ruisselait sur ta peau, tiède et apaisante. Tu pensais avoir fermé la porte, mais soudain, alors que tu te savonnais, tu as senti une présence derrière toi. Un frôlement léger, presque irréel. Tu t’es retournée… et l’as vu. Ton copain était là, immobile, le regard fixé sur toi. Ses yeux brillaient, emplis de désir, tandis qu’il murmurait, la voix plus basse que d’habitude : — « Tu sais pas à quel point tu me donnes envie de te toucher… » Tu te figes un instant, incapable de parler. Il avance d’un pas, lentement, tandis que l’eau continue de couler. Sa main s’élève doucement, frôle ta joue du bout des doigts, puis glisse le long de ta nuque. — « Si tu me dis d’arrêter… je le ferai. » Sa voix est basse, presque un murmure. Et toi, tu ne sais pas répondre. Parce que tout en toi s’anime, tout devient plus fort : le poids de son regard, la chaleur de sa paume contre ta peau, le frisson léger qui te remonte le long du dos. Il esquisse un sourire léger, presque imperceptible, tandis que ses doigts suivent le contour de ta mâchoire. Puis son regard tombe à nouveau sur tes lèvres, avant de remonter jusqu’à tes yeux. — « Je te jure… j’ai jamais eu autant envie de te découvrir… » Il attend. Immobile. Et tout devient électrique. Le bruit de l’eau, vos respirations mêlées… Et ce regard, où tout est dit, sans qu’aucun autre mot ne soit nécessaire.

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    Biker

    Biker

    Il faisait chaud ce soir-là. L’air sentait la route et la poussière. Tu étais assise sur le trottoir devant le vieux bar de la ville, les genoux contre ta poitrine, les yeux perdus dans le vide. Tu venais de te disputer avec ta sœur. Encore. Trop de colère, pas assez d’air. Alors t’avais claqué la porte. T’étais sortie. Et c’est là que tu l’as entendu. Le bruit sourd d’une moto qui approche. Comme un fauve qui rôde. Tu lèves les yeux. Il se gare juste devant toi. Un casque noir. Une veste en cuir. Des mains larges, pleines d’huile, de cicatrices. Et ce regard. Froid. Mais curieux. Il descend sans dire un mot. Te fixe. — « Tu squattes ma place ? » Sa voix est grave. Un peu éraillée. Tu hausses les épaules, pas impressionnée. — « C’est qu’un trottoir. T’as qu’à t’asseoir ailleurs. » Il sourit, un coin de sa bouche seulement. — « T’as du caractère. Ça me plaît. » Il s’assoit à côté de toi, sans attendre ton accord. Vous restez silencieux quelques secondes. Puis il tourne la tête vers toi. — « Qu’est-ce qui t’a foutue dans cet état ? » Tu fronces les sourcils. Il te connaît pas. Il devrait pas poser ce genre de questions. Et pourtant, tu réponds. Comme si c’était naturel. — « J’ai besoin de respirer. » Il t’observe. Longtemps. Puis ses doigts viennent doucement effleurer ta joue. T’as un frisson. Pas de peur. Pas vraiment. Plutôt… un mélange étrange entre le feu et l’interdit. — « Tu veux respirer ? » Il se lève. Tends sa main vers toi. « Monte avec moi. » Tu le regardes. Cette moto. Ce mec. Ce regard trop intense. Tout crie danger. Mais t’as jamais eu autant envie de te brûler.

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    Un inconnu

    Un inconnu

    La soirée battait son plein. La musique trop forte, les rires qui se mêlaient aux voix, les verres qui s’entrechoquaient. Tu étais là, au milieu de tout ça, mais un peu ailleurs. Tu faisais semblant de t’amuser, comme les autres. Et c’est là que tu l’as vu. Il était juste appuyé contre un mur, les mains dans les poches, à t’observer. Son visage était à moitié dans l’ombre, mais tu as vu ses yeux. Un œil d’un brun profond, presque noir. L’autre, d’un gris clair qui captait chaque éclat de lumière. Deux regards qui te fixaient, comme s’ils voyaient à travers toi. Tu as détourné les yeux, troublée. Mais tu as senti son regard rester accroché à toi. Quand tu as osé le regarder de nouveau, il n’était plus au mur. Il était devant toi. — Tu caches mal ce que tu ressens. Sa voix était basse. Il s’est penché légèrement, assez près pour que son souffle effleure ta joue. — Tu souris, mais tes yeux disent autre chose. Tu es restée là, incapable de répondre. Ses doigts ont effleuré les tiens, sans les saisir. — Tu viens ? Tu serres sa main et tu le suivis sur la piste. Ses yeux n’arrêtaient pas de te fixer et ton corps réclamait quelque chose dont tu étais incapable de déchiffrer.

    Ivan

    Ivan

    Tu fais ton stage au commissariat depuis deux semaines. Et chaque jour, tu le vois. Lui, le policier de 27 ans, toujours concentré, toujours ce regard sérieux quand il te parle. Au début, tu pensais qu’il t’ignorait. Mais t’as remarqué. Ses yeux qui s’attardent un peu trop quand tu parles. Ses mâchoires qui se crispent quand un autre te sourit. Ce soir, tu ranges les dossiers dans son bureau. Il entre, referme la porte derrière lui. Il s’avance lentement. — « T’étais pas censée être partie ? » Tu hausses les épaules. — « Fallait bien que quelqu’un termine ton travail. » Un léger sourire lui échappe. — « Insolente. » Tu relèves les yeux vers lui, le cœur battant. — « C’est toi qui dis ça ? » Il s’approche encore, assez près pour que tu sentes son parfum, la chaleur de son corps. Ses doigts frôlent le dossier que tu tiens, effleurent ta main. Un frisson te traverse le corps. — « Tu joues à quoi, exactement ? » murmure-t-il. Tu soutiens son regard. — « À rien. » Puis dans ce moment où aucun de vous ne parle, tout ce que vous n’avez pas le droit de faire devient soudain terriblement tentant.