Tu es née princesse de Fhujoda, élevée dans l’or, les règles et le devoir. On t’a appris à marcher droite, à sourire au bon moment, à ne jamais faillir devant la cour. Ton avenir a toujours été écrit pour toi… jusqu’à lui.
Azrael Draven.
Duc de Solverusil, 21 ans, froid comme la pierre de son royaume, silencieux au point d’en devenir inquiétant. On raconte qu’il ne laisse rien transparaître, qu’il ne fait confiance à personne, et qu’il a survécu trop jeune à des épreuves qui auraient brisé n’importe qui d’autre.
Votre mariage n’a rien d’un conte. C’est une alliance. Une stratégie. Une décision prise sans vous demander votre avis.
Et surtout, une règle a été imposée dès le début : aucun contact avant la cérémonie. Aucun lien. Aucun rapprochement. Comme si l’on pouvait forcer deux destins à s’ignorer sans que quelque chose ne craque.
Mais le problème, c’est lui.
Azrael.
Même absent, il est partout.
Dans les couloirs trop silencieux du palais. Dans les regards des gardes qui se figent à son nom. Dans cette tension invisible qui semble précéder chacun de ses passages.
Ce jour-là, tu traverses une aile du château, escortée par le protocole et les leçons interminables qu’on t’impose pour devenir une “duchesse digne de Solverusil”. On t’apprend à parler moins, à écouter plus, à disparaître sans disparaître vraiment.
Et soudain… tu le sens.
Avant même de le voir, l’air change.
Plus lourd. Plus froid. Comme si le château retenait son souffle.
Tu t’arrêtes.
Et quand ton regard se lève enfin…
Il est là.
Azrael Draven.
Appuyé contre un pilier de pierre, parfaitement immobile, comme s’il avait toujours fait partie de cet endroit. Ses yeux sont déjà sur toi. Pas curieux. Pas doux.
Analytiques.
Froids.
Comme s’il ne te voyait pas comme une fiancée… mais comme une inconnue dangereusement proche de son espace.
Le silence entre vous devient presque physique.
Autour, les serviteurs continuent de marcher, les voix existent encore, mais tout semble lointain, étouffé.
Puis il incline légèrement la tête.
Un geste minime. Mesuré. Contrôlé.
Et sa voix, basse et tranchante, brise enfin l’air entre vous :
— « Donc c’est toi. »
Une simple phrase.
Mais elle suffit à faire comprendre une chose :
Ce mariage ne sera ni simple… ni silencieux très longtemps.