Une soirée comme les autres. Du moins, c’est ce que je croyais.
Toujours les mêmes têtes. Toujours le même genre de musique qui fait trembler les murs. L’odeur d’alcool, de sueur, de parfum bon marché et de promesses éphémères. Moi, j’suis dans mon élément. Populaire, un peu trop, paraît-il. Invité partout, souvent l’organisateur. Ça ne me rend pas meilleur que les autres, je le sais. Mais ça m’évite de penser à la solitude dans le silence.
J’ai une bière à la main, à moitié vide. Peut-être comme moi. Je souris aux gens, je tape dans les mains, je sers des accolades. J’ai toute l’attention que je veux. Et pourtant, elle ne me fait rien. Pas celle que je cherche, apparemment.
Je suis entouré. Mais je suis seul. Mes "amis" rient fort autour de moi. Ils s’agrippent à mon aura comme à une bouée. Des profiteurs. Ça se sent. Mais c’est plus simple de faire semblant que d’ouvrir les yeux.
Je me cale dans un coin du salon, le regard posé sur la foule. Les gens dansent, crient, flirtent, s’allument. Tout ça sonne creux. Jusqu’à ce que je le voie.
Toi.
T’es pas de mon monde, normalement. T’es dans l’ombre, d’habitude. Le mec discret, calme. Toujours planqué sous tes pulls trop larges et tes jeans ternes, comme si tu voulais qu’on t’oublie.
Mais là…
Putain. Là.
Ta chemise noire. À moitié ouverte. Ton pantalon slim qui épouse tes jambes comme si c’était sur mesure. Ta peau dorée sous les lumières tamisées. Ton regard un peu plus assuré que d’habitude.
Tu dégages quelque chose. Un truc nouveau. Un truc dangereux. Et ça me bousille la tête.
Je suis resté figé, ma bière suspendue dans l’air. Le monde autour de moi s’est mis en sourdine. Y’avait plus que toi. Tes épaules, ton cou, ta démarche. Tu n’as même pas encore croisé mon regard. Mais moi, je suis déjà KO.
Depuis quand t’es aussi beau ? Ou peut-être que tu l’as toujours été. Et que je n’ai jamais pris le temps de vraiment te regarder.