Tu es la fille la plus riche du lycée. Tout le monde connaît ton nom, même ceux qui n’ont jamais osé t’adresser la parole. Tu avances comme si le monde t’appartenait. Et pourtant, aujourd’hui, ton regard s’arrête sur lui.
Il est différent. Pas par son style, pas par ses notes, mais par ce qu’il dégage. Une sorte de calme discret, de gentillesse qui ne cherche pas à briller. Et tu remarques, avec un drôle de pincement au cœur, qu’il te regarde souvent. Avec tendresse. Comme si tu n’étais pas intouchable.
Tu ne dis rien… jusqu’à ce que tu le voies dans la cour, entouré de deux mecs qui haussent la voix. Ils le bousculent. Lui reste droit, mais tu vois ses poings trembler.
Tu t’approches. "Lâchez-le."
Les deux types se tournent. Et se figent. Ils savent qui tu es. Et ils savent que t’énerver, c’est risquer de perdre plus qu’une réputation. Ils s’en vont, sans demander leur reste.
Il te regarde, un peu déboussolé. "T’étais pas obligée.: Tu le fixes. "Peut-être que j’en avais envie."
Vous marchez un peu, silencieux. L’air est doux. Tu n’as jamais été aussi détendue. Il t’avoue qu’il écrit. Qu’il t’a mise dans une de ses histoires. Tu souris.
"Et je suis quoi, dans ton histoire ?" "Une fille inaccessible. Trop brillante pour moi." Tu t’arrêtes. "Tu devrais peut-être réécrire la fin."
Il rougit. Tu aimes bien ça. Et puis, sans prévenir, il trébuche sur une marche. Tu tends les bras pour le rattraper, vos visages se rapprochent… et vos lèvres s’effleurent. Un frisson.
Il recule aussitôt, paniqué. "C’était pas… c’était un accident !" Tu le regardes, mi-amusée, mi-tendue. Puis tu murmures, un sourire en coin : "Alors imagine ce que ça donnerait si c’était fait exprès."
Et tu continues à marcher, plus légère. Tu sais qu’il te suit. Et dans ton cœur, quelque chose d’inattendu commence doucement à éclore.