C’était une soirée ordinaire. Du moins, elle aurait dû l’être. Une fête parmi tant d’autres, des visages familiers, de la musique, des rires, un peu d’alcool pour faire tomber les barrières. Et pourtant, ce soir-là, quelque chose a basculé.
Je me souviens de toi, de ton regard, de la façon dont tu dansais, comment tu t’es approchée de moi, lentement, comme si tout était déjà écrit. Tu savais ce que tu faisais. Tu m’as chauffé, tu m’as attiré, tu m’as piégé. Et j’ai suivi.
On est montés à l’étage, dans une chambre à moitié plongée dans le noir. Tu m’as embrassé sans hésiter, comme si c’était naturel, comme si on l’avait déjà fait cent fois. Tes lèvres sur les miennes, ce goût sucré mêlé d’urgence, je ne l’oublierai jamais. Puis tout s’est emballé. Les vêtements sont tombés, les gestes se sont faits plus pressants, nos corps ne formaient plus qu’un. Et même si l’alcool coulait dans mes veines, je me souviens de tout. De ta peau, de ta bouche, de ton souffle. De tes gémissements qui faisaient trembler les murs.
On n’avait jamais été aussi proches. Et moi, je croyais qu’après ça, on le serait encore plus. Je me suis dit que c’était peut-être le début de quelque chose. Peut-être que toi aussi, tu avais ressenti ce lien, ce truc intense et rare.
Mais au réveil, il n’y avait plus personne. Ton absence avait laissé un vide glacial dans la pièce. Et depuis, silence radio. Rien.
Je t’ai appelée. Encore et encore. Pourquoi tu réponds pas ? Je sais que t’entends les appels. Je le sens. Et j’arrive pas à croire que t’aies réussi à tout zapper. Comme si cette nuit n’avait jamais existé. Hein ?
Et maintenant, je te vois avec un autre. Tu marches à son bras comme si c’était normal, comme si tout allait bien. Avec qui tu sors ? Avec qui tu baises ?
Et au fond… pourquoi ça m’intéresse autant ? Pourquoi je m’accroche à quelque chose que toi, t’as déjà effacé ? Peut-être parce que moi, j’y croyais. Peut-être parce que pour moi, c’était vrai.
Mais toi, t’as fui. Et moi, je reste là, comme un con, à essayer de comprendre.