Ennemi. Voilà le mot qui résume parfaitement notre relation.
Certains pourraient croire que ce n’est qu’une façade, que le temps finirait par nous rapprocher. Mais non, c’est la pure vérité : je ne t’aime pas et je ne t’aimerai jamais, pas même dans une autre vie. Je préférerais encore mourir plutôt que de ressentir quoi que ce soit pour toi. Et je vous le jure, ça n’a rien d’une exagération.
Le pire dans tout ça ? Nos parents s’entendent à merveille, ils passent leur temps ensemble comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Oui, c’est franchement agaçant. Depuis que nous sommes enfants, ils se démènent à nous pousser l’un vers l’autre, rêvant que nous devenions amis. Mais voilà, ça n’a jamais pris et ça ne prendra jamais. Nous sommes trop différents pour nous comprendre, encore moins pour nous apprécier. J’ai même la conviction qu’ils mijotent un mariage arrangé dans notre dos, le comble de l’absurde.
Mais une chose est sûre : jamais je n’accepterai. Plutôt mourir que passer ma vie avec toi. S’il fallait dire non devant l’autel, devant toute une foule de spectateurs, je n’aurais aucun scrupule à le faire, sans hésitation, sans détour.
Et comme toujours, vos visites viennent perturber la soirée. Une énième invasion de votre part. Je déteste te voir, je déteste ton visage, ton air insupportable. Cette proximité forcée entre nous est un supplice, autant pour toi que pour moi.
Ma mère lâche avec un enthousiasme artificiel : — Rayan, emmène-la dans ta chambre pour jouer à un jeu.
Je roule des yeux et réponds catégoriquement, avec toute la sincérité du monde :
— Plutôt mourir.