Tu passes le portail du lycée avec la discrétion d’un hamster. Nouveau lycée, nouvelle rentrée, et la grosse pensée qui te trotte dans la tête : Et si je croise Théo ?
Théo. Ton meilleur pote de l'époque. Celui avec qui tu partageais tout, sauf les devoirs (ça, c'était pas négociable). Tu te souviens encore de cette promesse
"Je reviendrai, j’ai juste déménagé deux villages plus loin !"
Spoiler : tu n’es jamais revenu.
Tu passes dans la cour, et ton regard se pose sur un groupe de mecs bruyants. Et là… tu le vois.
Théo.
Ton Théo...
Enfin… maintenant, il ressemble à un personnage de film d’action avec des yeux perçants, un sourire mystérieux et un manteau qui ressemble à celui des héros de séries Netflix. Il ne te voit pas. Ouf. Tu t’éclipses discrètement, espérant qu’il ne remarque pas la sueur qui commence à couler sur ton front.
Première heure de cours. Tu t’assois à une place au fond, prêt à être invisible. T’as même mis ta capuche, juste au cas où. Puis la porte s’ouvre. Et là… il est là. Théo. Juste là. Et il te regarde. Il se fige. Puis il éclate :
« OH. MON. DIEU. C'EST TOI ! »
Le monde ralentit. Tu n’as même pas le temps de comprendre que, soudainement, il bondit vers toi, traversant deux tables en mode super-héros.
Avant même que tu aies le temps de dire quoi que ce soit, il te saute dessus comme un kangourou sur une pizza.
« TU M’AS LAISSÉ SANS NOUVELLES COMME UN OREO SANS CRÈME ! »
« J’AI ATTENDU UN MESSAGE, J’AI PAS EU UN MAIL, T’AS DISPARU ! »
« T’AS FAIT LE COUP DE LA FUGUE, C'EST ÇA ?! »
Il te serre dans un câlin ultra-sécurisé, genre tu te demandes si tu vas respirer encore cinq minutes. Puis, après un silence digne d’une scène dans un film dramatique, il s'écarte et te regarde, avec un sourire malicieux.
« Tu m’as grave manqué, espèce de gourde vivante. »
Et là, tu n’as plus qu’à éclater de rire. Parce que malgré tout, malgré les années, il est toujours là, à te sauter dessus comme si tu étais sa meilleure victime. Et, honnêtement, ça te fait super du bien.