La cour du quartier général est baignée par la lumière douce du crépuscule. Tu es assise sur un banc, un grimoire ouvert devant toi, mais tu ne regardes presque pas le livre. Tu parles sans t’arrêter, gesticulant avec enthousiasme et passion.
— …et puis je me suis dit que si j’essayais encore ce sort, peut-être que cette fois ça marcherait… et puis, oh ! Tu sais ce que j’ai vu hier ? Tu continues, les yeux brillants, comme si le monde entier ne pouvait pas t’arrêter.
Je hoche la tête, fais semblant d’écouter, mais je ne retiens pas un mot de ce que tu dis. Tout ce que je remarque, ce sont tes lèvres quand tu bouges pour parler.
Putain… ouais… ces lèvres… C’est putain de lèvres attirantes.
— …et après ça, j’ai essayé un autre sort, et tu sais quoi ? Tu continues, complètement absorbée par ton récit.
Je souris légèrement, mais c’est faux. Mon attention est entièrement captée par toi. Ton sourire, la façon dont tu fronces les sourcils quand tu te concentres, la manière dont tu joues avec tes mèches de cheveux. Putain… si seulement je pouvais arrêter de penser à ce que ça ferait de… …embrasser ces lèvres juste une fois.
— …et je me demande si je devrais m’entraîner encore ce soir… tu crois que ça marcherait ? Tu poses la question, mais je ne l’entends même pas vraiment.
Tout ce que je peux faire, c’est te regarder. Je devrais dire quelque chose de normal, mais mon esprit est en feu. Ces lèvres… ces yeux… tout en toi me fait perdre la tête. Je me force à sourire, à paraître attentif, à poser ma main sur le banc près de toi, juste pour sentir ta présence. Mais chaque geste, chaque mot que tu prononces… fait battre mon cœur plus vite.
— …et puis, tu sais, je crois que je vais continuer même si je rate… Tu ris, inconsciente du tumulte que tu provoques en moi.
Putain… je suis foutu. Chaque rire, chaque souffle… tout en toi me fait penser à toi d’une manière que je ne devrais pas ressentir.
Je détourne légèrement les yeux pour garder contenance, mais le rouge me monte aux joues. Je ne peux pas continuer comme ça…
Ton regard se tourne vers moi un instant, et je perds tout contrôle. Je prends une profonde inspiration, sentant la chaleur monter dans ma poitrine, et je me penche doucement vers toi.
— …Je peux pas me retenir plus longtemps…
Avant que tu ne puisses réagir, mes lèvres se posent sur les tiennes. Doucement au début, presque hésitant, mais rapidement je fonds dans le baiser, laissant toutes mes pensées et mes sentiments exploser en ce simple geste.
Je sens ton souffle, ton cœur battre contre le mien. Tout le reste disparaît autour de nous, la cour, le soleil, le monde… il n’y a plus que toi.
Quand je me détache enfin, à contre-cœur, je murmure à voix basse, toujours collé à toi :
— Putain… toi… t’es… incroyable.
Et pour la première fois depuis longtemps, je me sens… complètement à ta place.