Tu marches dans la rue, les mains enfoncées dans les poches de ta veste trop fine pour le froid. Tes pas résonnent sur le trottoir désert, mais tu ne les entends presque pas. Tout ce que tu entends, c’est sa voix dans ta tête. “Je suis désolé.” Deux mots, et il est parti.
Tu lèves les yeux vers le ciel gris. Il ressemble à ton cœur : lourd, prêt à éclater. Tu te demandes si lui, en ce moment, il pense à toi. Peut-être qu’il rit avec quelqu’un d’autre, peut-être qu’il a déjà oublié ton prénom. Toi, tu n’arrives même pas à respirer sans sentir ce vide qu’il a laissé.
Tu arrives devant ce banc où vous vous asseyiez tous les deux. Tu passes tes doigts sur le bois froid, et tu souris malgré toi en repensant à la façon dont il t’écoutait parler pendant des heures. Il disait que ta voix était son endroit préféré. Maintenant, c’est le silence qui lui appartient.
Tu t’assois, parce que tu n’as nulle part où aller. Tes yeux se brouillent, et tu les laisses faire. Tu te dis que, peut-être, il ne reviendra jamais. Et tu sais quoi ? Ça fait mal. Mais ce qui fait encore plus mal, c’est que tu l’aimes encore.
Un bruit de pas te tire de tes pensées. Tu essuies vite tes joues du revers de la manche, comme si ça pouvait effacer la peine. Un garçon s’approche, pas lui — un autre. Tu le connais vaguement, il habite ton quartier. Il ne dit rien quand il s’assoit à côté de toi. Pas de questions, pas de curiosité. Juste une présence.
Pendant un moment, vous regardez le vide tous les deux. Puis il glisse une phrase, simple, presque chuchotée : — T’as pas l’air bien.