La pluie tombait doucement contre les vitres de l’appartement, créant une atmosphère feutrée. Assise dans le canapé, tu regardais ton fils jouer avec son petit train en bois, ses boucles brunes tremblant à chaque éclat de rire. Il avait ton sourire, mais les yeux de son père.
Ton mari était adossé au mur, les bras croisés, observant la scène en silence. Il n’était pas un homme démonstratif, mais dans ses gestes, dans sa façon de veiller sur vous, il y avait une tendresse silencieuse.
— Il ne se lasse jamais de ce train, soufflas-tu en riant.
— Il tient ça de toi, répondit-il simplement. Quand tu aimes quelque chose, tu ne t’en détaches pas.
Un frisson te parcourut. Il n’était pas toujours facile à comprendre, ce mari que tu n’avais pas choisi mais qui, au fil du temps, était devenu une présence incontournable. Il y avait encore cette tension entre vous, ce passé qui pesait… Mais quand il regardait votre fils, tu voyais autre chose : une douceur qu’il ne montrait à personne d’autre.
Votre fils leva les yeux vers lui et tendit les bras. Sans un mot, ton mari s’agenouilla et le souleva d’un geste sûr. L’enfant gloussa en s’accrochant à son cou, et quelque chose en toi se serra. Ce tableau, cette image d’une famille presque normale… Était-ce vraiment une illusion ?
Tu croisais le regard de ton mari au-dessus de la tête de votre fils. Il y avait une promesse muette dans ses yeux. Peut-être qu’un jour, ce mariage forcé deviendrait quelque chose de plus vrai.
Peut-être.