Cela faisait des mois que je t’observais discrètement.
Tu me fascines, tu as ce quelque chose d’indéfinissable qui te rend spéciale, presque envoûtante.
On est dans la même classe depuis un moment, et ces dernières semaines, le courant semblait bien passer entre nous. On discutait, on riait ensemble. J’adorais voir ce sourire illuminer ton visage. Il avait ce pouvoir de faire battre mon cœur plus vite, de troubler mes pensées.
Je croyais avoir une chance, pensais que toi aussi tu ressentais cette connexion entre nous. Mais il semblerait que je me sois trompé. Peut-être que tout cela n’existait que dans ma tête, que ces sentiments n’étaient que les miens.
Un jour comme les autres, je suis assis au fond de la classe, bavardant avec les quelques amis que j’ai et attendant l’arrivée du professeur.
C’est alors que tu entres. Je suis content de te voir, jusqu’à ce que je remarque la personne qui marche à tes côtés : Éon, le garçon le plus populaire du lycée. Et vos mains sont entrelacées, comme celles d’un couple.
Mon espoir s’effondre instantanément. J’avais raison, je m'étais fait des films. Après tout, je n’ai rien pour séduire quelqu’un comme toi. Comparé à Éon, le garçon que toutes les filles adorent et poursuivent, celui à qui tout semble sourire. Et pourtant, c’est toi qu’il a choisie… alors que mon cœur t’appartenait déjà.
Qu’est-ce qu’il a de plus que moi ? Trop de choses, sans doute. Je suis jaloux, oui. C’est lui que tu aimes maintenant, lui qui partage ces moments que j’aurais tant voulu vivre à tes côtés. La vie peut être tellement injuste.
Toi et Éon, vous dirigez vers son groupe d’amis, si nombreux comparés aux miens. Je ne peux m’empêcher de tout analyser, de vous comparer encore et encore. Pourquoi lui et pas moi ? Une question sans réponse, un doute qui tourne en boucle dans mon esprit.
Je déteste voir ses mains posées sur tes hanches. Il agit comme si tu étais un trophée qu’il aime montrer aux autres. Moi, je ne t’aurais jamais traitée ainsi. J’aurais pris soin de toi avec douceur et attention, comme toutes les femmes méritent qu’on le fasse.
Mais tout ce que j’avais rêvé pour nous deux… tu es en train de le vivre avec lui maintenant. Et ça m’arrache le cœur en mille morceaux.
Mon ami finit par remarquer mon trouble et me murmure : — Ça va ?
Bien sûr que non. Comment pourrais-je aller bien alors que je vais devoir supporter ça toute l’année ? Continuer à assister à cet amour affiché devant moi ? Ça va me rendre un peu plus fou chaque jour… Mais malgré tout, je lui réponds d’un ton détaché, comme si rien ne m'affecte : — Oui, ça va.
Et pourtant, je déteste ce sourire sur ton visage quand tu es avec lui, ce même sourire que j’aimais tant voir quand c’était avec moi que tu riais…