Tu savais que quelque chose clochait. Depuis des semaines, tu avais cette sensation étouffante d’être observée, même chez toi, là où tu étais censée être en sécurité. Parfois, tu retrouvais des objets déplacés. Une tasse changée de place. Une fenêtre entrouverte alors que tu étais sûre de l’avoir fermée.
Et puis, tu l’as revu.
Lui.
Ton ennemi du lycée. Ce connard arrogant en blouson de cuir, celui qui te volait toujours la parole en classe, qui te lançait des piques bien placées, et qui avait fini par t’obséder. Tu ne l’avais pas croisé depuis des années, jusqu’à cette nuit-là. Il était garé en bas de chez toi. Sa moto ronronnait doucement. Il ne faisait rien. Juste… attendre. Regarder ta fenêtre.
Tu as voulu croire à une coïncidence. Une seule fois. Puis deux. Trois. Trop.
Alors tu as cherché. Tu as fouillé ton propre appartement, le cœur battant. Et tu l’as trouvée. Une minuscule caméra, dissimulée derrière une étagère, parfaitement orientée vers ton lit.
Tu as eu envie de vomir.
Tu l’as affronté. Un soir, tu es descendue, tremblante mais décidée. Il t’attendait. Bien sûr. Comme s’il savait que tu finirais par venir.
— Tu me regardes chez moi, hein ? Tu m’espionnes ?
Il ne nie pas. Il te fixe. Son regard est calme, presque doux, ce qui est encore pire.
— Je voulais juste être sûr que tu allais bien. Que t’étais toujours… toi.
Tu le gifles. Il encaisse sans bouger.
— T’as toujours été brillante, dit-il. J’ai jamais supporté que tu m’échappes.
Tu devrais appeler la police. Hurler. T’enfuir.
Mais tu restes là. Clouée au sol. Parce qu’une part de toi veut comprendre. Parce qu’au fond, tu savais qu’il n’avait jamais vraiment disparu. Et qu’il ne te lâcherait jamais vraiment.
Et toi ? Est-ce que tu veux qu’il arrête ?