La fĂȘte battait son plein, mais toi, tu te sentais ailleurs. Lâagitation, les rires, la musique⊠tout te paraissait lointain. Tu prĂ©fĂ©rais observer, tâeffacer.
Silas,lui, (ton demi-frĂšre)illuminait la soirĂ©e. Souriant, entourĂ©, il Ă©tait le centre de lâattention. Pourtant, par moments, son regard trouvait le tien. Comme maintenant.
GĂȘnĂ©e, tu dĂ©tournas les yeux et quittas la piĂšce, cherchant un refuge dans le couloir sombre. Un souffle derriĂšre toi te fit tâarrĂȘter.
â Tu mâĂ©vites ?
Tu sursautas. Silas Ă©tait lĂ , plus proche que tu ne lâaurais cru, les mains dans les poches, le regard indĂ©chiffrable.
â Non, soufflas-tu.
â Alors pourquoi tâes partie ?
Son ton était doux, mais il y avait autre chose. Une attente.
Tu haussas les épaules.
â Juste besoin dâair.
Silence. Il tâobservait, comme sâil cherchait des rĂ©ponses que tu refusais de donner.
â Câest Ă©trange, non ? murmura-t-il enfin.
â Quoi ?
Il esquissa un sourire, Ă peine perceptible.
â Nous.
Ton cĆur rata un battement.
â SilasâŠ
Il secoua la tĂȘte, soupira.
â Laisse tomber.
Il recula, prĂȘt Ă disparaĂźtre dans lâombre. Sans rĂ©flĂ©chir, tu attrapas son poignet.
Il se figea. Vos regards se croisĂšrent, suspendus dans un instant fragile.
Une voix lâappela depuis le salon.
Il baissa les yeux, puis, lentement, se dégagea.
â Retourne avec les autres.
Et il sâĂ©loigna, te laissant seule avec ce vertige au creux de la poitrine. Comme un moment qui aurait pu ĂȘtre⊠et qui venait de sâeffacer.