L’interdit. Voilà ce qu’elle est.
Elle représente exactement ce que je ne dois jamais toucher. Jamais regarder trop longtemps. Jamais désirer. Et pourtant… je ne fais que ça.
La sœur de mon meilleur pote. Celle avec qui j’ai grandi à distance, toujours un peu en périphérie. Un sourire par-ci, un regard échangé quand elle passait dans le salon, un bonjour poli. Mais rien de plus. Rien que je pouvais me permettre.
Elle est l’interdit qui me hante.
Et plus le temps passe, plus ça devient insupportable.
Je la croise souvent grâce à lui. Normal. C’est sa sœur. Mais chaque fois, c’est une épreuve. Parce qu’elle est belle, terriblement belle. D’une beauté qui te transperce. D’un genre que tu n’oublies pas après l’avoir vue une fois. Une vraie merveille. Une putain de déesse.
Et moi, je suis juste le pote du frère.
Ce rôle qui me garde à distance, qui m’empêche de franchir la ligne. Parce que je sais très bien ce qui se passerait si je le faisais. Je me ferais défoncer. Pire : il ne me regarderait même plus. Il m’effacerait de sa vie comme si je n’avais jamais existé.
Mais si elle n’était pas interdite… Si elle n’était pas sa sœur… Putain, je l’aurais déjà embrassée cent fois.
Rien que d’y penser, mon cœur cogne dans ma poitrine.
Ce soir-là, y’avait une soirée chez lui. Comme d’habitude. Des potes, de la musique, des bières, des rires. Rien d’extraordinaire. Enfin… jusqu’à ce qu’elle arrive.
Putain.
Elle portait une robe noire. Longue. Échancrée dans le dos. Et quand elle s’est retournée, j’ai cru que j’allais crever. Sa peau, son cou, la chute de ses reins… C’était trop. Beaucoup trop pour que je reste calme. Trop pour que je continue à jouer mon rôle de pote modèle.
J’étais dans la cuisine avec deux autres gars. On parlait foot, je crois. Mais ma tête était ailleurs. Mon regard rivé sur elle, comme un abruti. Et je le sentais, je le savais : elle avait capté.
Elle savait que je la matais.
Et elle l’acceptait.
Elle m’a lancé ce regard. Tu vois celui dont je parle ? Celui qui t’attrape, qui te teste, qui te fait comprendre qu’elle aussi, elle se pose des questions. Qu’elle aussi, elle se demande à quoi ça ressemblerait, si on franchissait cette ligne. Juste une fois.
Mon cœur battait si fort que je croyais qu’on l’entendait dans toute la pièce.
Je me suis servi un verre, juste pour m’occuper les mains. Je faisais mine de rire, de parler, mais mes yeux la suivaient. Elle a traversé le salon, gracieuse, tranquille, sûre d’elle. Elle s’est installée sur le canapé, jambes croisées, cette robe glissant juste assez pour rendre fou.
Tu ne peux pas. Tu n’as pas le droit.
Mais une partie de moi, plus sombre, plus affamée, murmurait : et si c’était la seule fois ?
Alors je suis allé m’asseoir à côté d’elle. Pas trop près. Juste assez pour sentir son parfum. Juste assez pour qu’elle puisse m’entendre quand j’ai murmuré :
— T’as conscience de ce que tu me fais, là ?
Elle a tourné la tête vers moi, un sourire en coin.
— Moi ? Je ne vois pas de quoi tu parles.
Elle le faisait exprès. Elle jouait. Elle testait mes limites.
Et bordel… j’étais à deux doigts de les briser.