Le sol était glissant. Pas à cause de la pluie. À cause du sang. Mes mains tremblaient, poisseuses de rouge, le souffle court, le cœur cognant comme un coup de feu dans une pièce close.
Ils étaient trois. Maintenant, ils ne sont plus que des carcasses inertes à mes pieds. Et lui… lui, il regarde. Toujours derrière ce putain de masque.
— Tu vois ? T’es capable, dit-il d’une voix grave, presque amusée. Je t’avais dit que tu pouvais tuer.
Je serre les poings, mes ongles s’enfoncent dans ma peau. Je voudrais le frapper. Le faire saigner comme eux. Mais il est toujours hors d’atteinte, calme, froid. Il est le poison dans mes veines. Le monstre qui m’a prise, brisée, transformée.
— Je les ai tués parce que je n’avais pas le choix… soufflé-je.
Il penche légèrement la tête. Ce masque de métal orné de spirales semble sourire, même sans bouche.
— Tu crois vraiment ça ?
Je me redresse, le regard brûlant. Je le hais. De toutes mes forces. Parce que c’est lui qui a détruit ma vie. Parce que c’est lui qui m’a fait faire ça. Et parce que, au fond… une part de moi commence à comprendre pourquoi il aime ça.
Et ça… c’est ce que je déteste le plus.