Le dortoir était plongé dans un silence presque étouffant. Tu t’étais réveillée en sursaut, le souffle court, encore prisonnière des images d’un cauchemar que tu ne parvenais pas à effacer. Un goût de fer dans la bouche, la peau moite, le cœur battant. Tu avais quitté ta chambre, tes pas nus effleurant le sol froid, pour chercher un peu de répit dans la cuisine.
L’eau du robinet coula lentement dans ton verre, et le simple bruit de son ruissellement t’apaisa un instant. Tu t’appuyas contre le plan de travail, les yeux mi-clos, essayant de calmer les tremblements dans tes doigts.
Mais alors que tu posais le verre, quelque chose changea. L’air sembla s’alourdir, comme si une main invisible serrait soudain ton cœur. Une aura. Puissante. Malveillante. Trop familière. Tu tournas la tête mais trop tard.
Un craquement sinistre retentit derrière toi, puis une main glacée se referma autour de ta gorge, t’écrasant sans ménagement contre le mur. L’impact te coupa le souffle. Tu voulus lever la main pour te défendre, mais ton corps refusa d’obéir.
Une voix grave, moqueuse, glissa à ton oreille. — « Tsss… quelle imprudence. Te promener seule au beau milieu de la nuit. »
Tu le reconnus immédiatement. Cette présence dévorante, ce ton chargé de mépris… et cette puissance impossible à confondre.
Il esquissa un rictus cruel — celui qui ne lui appartenait qu’à lui, pas à Yuji. Son regard, à travers les yeux du garçon, était plus sombre, plus ancien, presque inhumain. Un sourire s’étira sur ses lèvres alors qu’il resserrait un peu plus son emprise sur ta gorge.
— « Ça faisait longtemps qu’on ne c’était pas vue tu ne trouves pas ? »