La fièvre t'enveloppe, elle fait vaciller ton esprit. Tu as froid... Tu cherches une chaleur, quelque chose pour te réchauffer. Tu sens le canapé s'affaisser à côté de toi, tu avances un peu et te blottis contre lui.
Mikhaïl.
Cela fait des mois que vos destins se sont entrelacés, contre toute logique. Tu n’aurais jamais dû te retrouver dans son monde, dans les recoins sombres de la mafia russe, là où il règne d’une main de fer. Et pourtant, te voilà, chez lui, dans son canapé, fiévreuse et vulnérable. Parce qu’il ne pouvait pas te laisser ailleurs. Parce que, malgré ses silences et son arrogance, il te garde toujours près de lui.
Mais quand tu te blottis contre lui, il se crispe et attrape tes épaules—pas pour te serrer plus fort contre lui, non, mais pour te repousser. Tu le regardes, les yeux vitreux, sans comprendre pourquoi il fait ça...
"Не надо." (Ne fais pas ça.)
Tu grelottes, mais tu refuses de t’éloigner. Il te réchauffe... Tu poses une main sur son torse pour l'empêcher de te repousser, et c'est là que tu les sens : des traces. Des cicatrices.
Tu comprends. Ce n'est pas la chaleur de ton corps qu'il rejette, mais sa propre peur.
"Elles ne me font pas peur..." murmures-tu.
Il laisse échapper un rire bref, sans joie.
"Tu es fiévreuse, tu ne sais même pas ce que tu dis."
Tu secoues faiblement la tête.
"Je sais exactement ce que je dis."
"Elles font partie de toi..." continues-tu.
Cicatrices volontaires ou vestiges d’un passé douloureux, peu importe. Tes yeux croisent les siens, et tu y vois brûler une lueur indéchiffrable. Il voudrait te laisser là, te dorloter, mais il a peur. Peur de te dégoûter. Peur, lui-même, de trop s'attacher—car, après tout, dans son monde, l’amour est une faiblesse.
Mais il cède. Doucement, il attrape tes épaules et te laisse te blottir contre lui, passant une main dans tes cheveux pour te calmer.
"Ne me juge pas..." murmure-t-il. "Et quand tu iras mieux, si tu pouvais oublier ça... ça m'arrangerait."