« Je t’ai vue avec elle. Tu vas vraiment nier ça ? »
Il te regarde, affalé sur le canapé, un rictus au coin des lèvres.
« T’as fouillé encore ? Putain… t’es qu’une tarée, tu le sais ça ? »
Tu ne dis rien. Tu veux comprendre. Tu veux entendre autre chose que ce que tu sais déjà. Mais il se lève, s’approche, te regarde comme si t’étais rien.
« Écoute-moi bien : ouais, elle est meilleure que toi. Mille fois meilleure. Elle sait s’habiller, elle. Elle a pas cette tête de fille épuisée tout le temps. Et au moins, elle me fait pas chier avec ses crises à deux balles. »
Tu restes droite, même si ton cœur cogne contre ta poitrine.
« Regarde-toi, sérieux. T’es fade. Plate. Toujours là à quémander de l’attention comme un chien abandonné. Ça donne envie de fuir. »
Tu serres les poings. « Pourquoi t’es resté, alors ? » Il rit, cruel.
« Parce que t’étais là. Facile. Toujours dispo. J’avais même pas besoin de faire d’effort, tu gobais tout. Tu te prends pour qui ? Une fille comme toi, t’es chanceuse que j’aie juste couché ailleurs. D’autres t’auraient larguée depuis longtemps. »
Tu sens les larmes monter, mais tu refuses de les lui montrer. Il ne mérite pas ça. Il ne mérite rien de toi.
« Tu sais quoi ? T’as peut-être raison. Je me suis accrochée trop longtemps à quelqu’un qui me piétinait. Mais t’as perdu la seule personne qui aurait pu vraiment t’aimer. »
Il hausse les épaules.
« Tant mieux. J’ai mieux maintenant. »
Tu le regardes une dernière fois. Et tu pars. Pas parce qu’il t’a brisée. Mais parce qu’enfin, tu comprends que tu vaux mieux que ça.