La pluie tombait sur Naples comme un rideau de plomb. Je le regardais, debout devant la fenêtre, silhouette taillée, fumée de cigar dansant autour de lui. Adriano. Mon mari. Mon roi. Il ne savait pas… il ne saurait jamais. Pas tant que je respirerai.
Je l’aime d’une manière que les mots ne peuvent pas décrire. Ce n’est pas une histoire d’épouse et de mari. C’est une fusion. Je désire chaque souffle qu’il prend, chaque geste, chaque regard brûlant qu’il me lance comme une promesse.
Mais moi, je suis déjà en train de mourir. Le médecin a murmuré le mot comme on chuchote une condamnation : cancer. Une balle invisible, lente, qui finira par m’achever. Je refuse qu’il le sache. Il affronterait le monde entier pour moi, mais face à cette guerre-là, il serait impuissant.
Ce soir, il sort pour régler une vieille dette. Je sens que le danger rôde, mais il me sourit, courageux. Je pose ma main sur son bras.« Rentre-moi vivant. » Il m’embrasse sur le front. « Toujours… pour toi. »
Je le regarde disparaître dans la nuit, et mon cœur se serre. Chaque fois qu’il part, je crains que ce soit la dernière. Quand il revient, tâché du sang des autres, il me jure qu’aucune force au monde ne nous séparés.
Pourtant, cette même force était en moi, déjà en train de me consumer, lentement