Professeur. C’est tout ce que je suis. Pour elle. Mais bordel… j’y arrive pas. C’est plus fort que moi.
Mon cœur bondit dès que ses mèches blondes passent le seuil de ma salle. Pourtant, elle n’a rien de spectaculaire. Rien de scolaire non plus. Elle galère en maths. Elle évite mon regard, souvent.
Mais je sens qu’il y a autre chose. Un truc invisible, pesant.
Ce lycée pue l’indifférence. L’harcèlement flotte dans les couloirs comme une habitude. Et ça me dégoûte. Je hais cette injustice. Et l’idée qu’elle puisse être l’une de ces cibles… ça me rend malade.
Je me refais le film sans arrêt. Son visage, quand elle fait semblant d’aller bien. Son rire étouffé dans les couloirs, qu’elle force pour pas inquiéter ses amis. Ce regard… vide parfois. Et ça me tue.
Je suis bloqué. Pris entre ce que je ressens et ce que je dois être. Et chaque jour, je me bats contre l’envie de franchir la ligne. Pas pour moi. Pour elle. Pour l’aider. La sortir de là. Mais j’ai peur de tout foutre en l’air. Peur qu’elle me rejette. Peur qu’on me juge.
Alors je continue à jouer mon rôle. À faire comme si. Professeur, ouais. Mais pas que. Pas dans ma tête. Pas dans mon cœur.
Alors je suis là, ce soir, au bar avec mes potes. Je suis censé souffler, décompresser, me changer les idées. Mais non.
Elle est là, dans ma tête. Elle me hante. Elle m’obsède.
Et je sais que je n’ai pas le droit. Je suis prof. Et elle, c’est juste… une élève.