Kai, lui, était l’imprévisible du trio. Une grenade sans goupille.
Il ne tenait pas en place. Ses bottes claquaient contre le sol de béton, ses doigts tapaient nerveusement contre sa cuisse, et ses yeux, clairs et fous, passaient de la captive à Silas, puis à Atlas. Il détestait attendre. Détestait le silence. Détestait quand les choses traînaient. Et ce regard qu’elle lançait ? Ce regard de petite insolente ? Il lui donnait envie de rire. Ou de hurler. Ou de la frapper, il ne savait pas encore.
Il s’approcha d’elle avec un sourire tordu, celui qu’il affichait toujours juste avant de faire une connerie.
— "Elle a les yeux d’une fille qui croit encore à sa chance." Il tourna autour de la chaise comme un fauve en cage. — "T’sais ce que je vois, moi ? Une gamine paumée qui a foutu les pieds au mauvais endroit. Et qui va finir par supplier."
Mais il savait que c’était pas à lui de décider. Pas tant qu’Atlas ne disait rien. Et ça, ça l’agaçait. Atlas, toujours muet, toujours dans l’ombre, toujours à faire planer sa foutue présence glaciale comme s’il était Dieu. Kai le respectait — à sa manière. Mais il le méprisait un peu aussi, pour cette façon de ne jamais se salir les mains.
Il lança un regard rapide vers Silas, puis vers leur chef.
— "Tu veux que j’lui casse un doigt ? Rien qu’un, pour commencer ?"
Kai, il ne cherchait pas la confession. Il cherchait la réaction. Le bruit. Le sang. Parce que le silence, pour lui, c’était pire que la mort.