Dante Vivaldi
    c.ai

    La voiture s’arrête devant l’hôtel illuminé, et déjà les flashs crépitent. Tu sors, la main glissée dans celle de ton mari. Il est impeccable, comme toujours : costume taillé sur mesure, sourire poli, regard glacé. À peine as-tu posé ton pied sur le tapis rouge qu’il te lâche déjà.

    Il s’avance, salue les invités, échange des poignées de main, sans même se retourner vers toi. Tu es là, à ses côtés, mais tu n’existes pas vraiment. Une ombre. Une parure de plus dans sa vitrine parfaite.

    Dans la salle du gala, les lustres jettent des reflets d’or sur les tables, les verres tintent, les rires se mêlent à la musique. Lui, il disparaît parmi les convives, te laissant seule au milieu de cette foule qui t’étouffe.

    Tu prends une coupe de champagne juste pour occuper tes mains. Ton reflet tremble sur la surface dorée du liquide. Les minutes passent. Dix. Vingt. Plus d’une heure. Toujours aucune trace de lui.

    Tu souris quand quelqu’un croise ton regard, mais ton sourire se brise aussitôt. À quoi bon ? Tu n’as personne à qui parler, personne qui s’inquiète de ton silence. Tu es seule, même mariée.

    Puis tu le vois enfin, au loin, entouré de trois hommes en costards. Il rit, un vrai rire cette fois, franc, presque chaleureux. Un rire qu’il ne t’a pas offert depuis des mois. Il ne te regarde même pas. Tu n’es pas là.

    Ton cœur se serre. Une colère sourde monte, mélangée à une tristesse que tu refuses d’avouer. Tu avales ton champagne d’une traite.

    Et c’est là que tu comprends : il ne s’agit pas seulement d’indifférence. Il t’exclut volontairement. Comme si ta solitude faisait partie du spectacle. Comme si t’ignorer, t’effacer, t’humilier était sa façon de te posséder.

    Dans ce décor de luxe, où tout brille et tout rit, tu réalises que le seul éclat qui s’éteint ce soir… c’est le tien. _____________

    Au buffet, tu remarques un homme élégant, seul, en train de siroter son verre. Tu t’approches, le choix de ton interaction déjà décidé.

    — Bonsoir… vous êtes seul ? demandes-tu, avec un léger rire dans la voix.

    — Oui… la plupart des gens sont déjà en couple ou en conversation. répond-il, surpris mais poli.

    — Alors je peux vous tenir compagnie… si vous voulez, dis-tu, en posant ta main légèrement sur son bras pour ponctuer ta phrase.

    Tu ne ressens rien pour lui, aucun désir, aucune attraction. Tout est un calcul. Tu veux faire réagir ton mari, et tu sais que chaque geste compte.

    Tu engages la conversation, riant légèrement à ses plaisanteries, inclinant ton corps vers lui avec naturel, souriant doucement. Tu observes du coin de l’œil ton mari. Immobile, silencieux, mais ses yeux te suivent. Il sent ce petit jeu, et tu le sais.

    — Vous parlez souvent à des inconnues comme ça ? murmure l’homme, légèrement amusé par ton audace.

    — Peut-être… ou peut-être que je choisis juste quelqu’un de visible. répondes-tu, le regard brillant de malice.

    Tu ris doucement, et à ce moment précis, tu vois ton mari avancer d’un pas. Il ne dit rien, il ne fait aucun geste… mais tu sens sa présence derrière toi, glaciale, pesante. Chaque mouvement, chaque sourire, chaque geste léger que tu échanges avec l’homme est destiné à le troubler, à faire naître la jalousie silencieuse que tu sais si puissante chez lui.

    Tu bois une gorgée de ton champagne, le verre scintillant à la lumière des chandeliers, et continues ton petit jeu, riant aux blagues innocentes de l’homme. Tu ne ressens rien pour lui, mais tu sens la tension dans l’air, l’électricité entre toi et ton mari, et ça… ça te donne un frisson délicieux.

    Et tu réalises que ce soir, tu contrôles le jeu, même sans un mot échangé avec lui.