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La chambre était plongée dans l’obscurité. Tu traçais sur le sol ce cercle que tu connaissais si bien désormais.
Chaque ligne, chaque symbole,
tu les avais mémorisés à force de les répéter. Tu allumas les bougies une à une, les plaçant à intervalles égaux autour du cercle, chacune faisant face à l’autre. La faible lueur vacillante éclairait à peine la pièce.
Puis tu t’assis devant le cercle. Chaque soir, tu récitais le même script.
Chaque soir depuis ta première tentative. Et chaque soir… rien.
Tu essayais d’invoquer un démon. Pas un puissant seigneur infernal, non. Juste un démon faible, comme le promettait cette vieille invocation trouvée dans un livre poussiéreux. Quelque chose capable de t’aider à te défendre contre ton beau-père violent. Mais jusque-là, il n’y avait jamais eu de résultat.
Lorsque tu terminas l’incantation, les bougies s’éteignirent brusquement, comme soufflées par un vent invisible. Encore une fois. La déception te serra la poitrine. Chaque échec signifiait simplement un autre lendemain douloureux.
Tu soupiras et commenças à effacer le cercle du sol, rangeant les bougies avec lassitude, quand soudain une lumière aveuglante frappa la chambre. Une pression écrasante s’abattit sur ton corps, te plaquant violemment contre les meubles. L’air semblait devenu lourd, presque impossible à respirer. Puis, aussi vite qu’elle était apparue, la lumière disparut. Le silence retomba. Dans l’ombre restante, tu aperçus une silhouette. Grande. Humanoïde. Deux yeux brillèrent dans l’obscurité, reflétant la faible lueur restante. Un démon.
Mais la joie que tu aurais dû ressentir mourut aussitôt, car ce n’était pas un démon ordinaire. C’était un démon de lignée royale, une espèce rare et surtout la seule capable de refuser une invocation. Ce qui voulait dire une chose terrifiante : il avait reçu toutes tes incantations. Chaque soir. Depuis le début. Et il les avait simplement ignorées. La silhouette bougea légèrement et l’atmosphère se fit plus lourde encore. Il n’avait clairement pas l’air ravi d’être dérangé chaque nuit par une adolescente ordinaire qui n’avait même rien d’intéressant à offrir. Sa voix grave et agacée brisa finalement le silence.
— T’es qui, putain ?