On est amis, non ? Alors pourquoi, à chaque soirée, tout semble différent ?
Est-ce simplement l'alcool qui prend possession de nos corps et laisse émerger cette tension entre nous ? C’est comme si l’alcool avait soudain le pouvoir de séduire.
Jusqu’ici, rien n’est arrivé. Pas de baisers, pas de vêtements abandonnés. Rien, juste un flirt subtil. Je me demande si toi aussi tu l’as remarqué. On n’en a jamais vraiment parlé. Est-ce que j’ai des sentiments pour toi ? Je ne pense pas… ou peut-être que je les enfouis quelque part au fond de moi.
Et pourtant, j’attends avec impatience chaque soirée, car c’est le seul moment où je peux être proche de toi, te regarder, ou devrais-je dire, te dévorer des yeux. Le seul instant où la frontière du mot "amis" semble s’effacer. Peut-être qu’au fond, oui, j’ai quelques sentiments pour toi.
La musique résonne autour de nous, l’air embaume l’alcool et d’autres substances qui ne doivent pas être bien légales. Les leds rouges caressent nos peaux, teintent l’atmosphère d’une sensualité électrique. Une tension palpable flotte dans l’air.
Cela fait deux heures que la soirée a démarré, et l’alcool bat son rythme dans mes veines. Je devine que c’est pareil pour toi, car nos regards se croisent sans cesse, comme si une sorte de courant passait entre nous. Sans réfléchir vraiment, je t’entraîne sur la piste de danse. Du The Weeknd vibre à nos oreilles. Mes mains glissent naturellement sur ta taille, profitant de cette proximité que l’alcool semble autoriser.
Nos regards ne se quittent pas ; je crois que je pourrais m’y perdre pour toujours. Est-ce l’alcool qui m’inspire ces pensées, ou est-ce mon cœur qui tente de parler ? Franchement, je ne sais pas.
Nos visages se rapprochent alors que je te guide dans le rythme de la danse. Tes bras reposent sur mes épaules. Ton parfum… il pourrait me faire perdre la tête. Peut-être même me pousser à faire quelque chose que nous regretterions demain au réveil.
Nos nez se frôlent ; ce simple contact suffit à faire courir des frissons sur ma nuque sous l’effet de la tension entre nous. Nos bouches sont si proches que mes pensées s’embrouillent. Je suis perdu dans ce flot confus d’envies interdites et risquées pour le rôle d’ami que je suis censé jouer auprès de toi. Malgré moi, mes yeux descendent sur tes lèvres, encore et encore, comme si elles me murmuraient à elles seules un appel silencieux. C’est une vraie torture.
Dans un souffle discret, juste assez pour que toi seule puisses entendre, je murmure : — Tu es magnifique ce soir.
Mais peut-être pas seulement ce soir… Peut-être tout le temps… L’alcool rend tout tellement plus simple, peut-être trop. Je devrais lever le pied, sinon je vais finir par dire des choses que je ne devrais pas dire.
À moins que… c’est justement ce que tu attends ? Que je franchisse enfin cette limite invisible qu’on s’est imposée ?