Le Lycée Saint-Lumière n’est pas comme les autres. C’est un internat rigide pour filles issues des meilleures familles du pays — luxe discret, règles sévères, silence imposé après 21h. On vous y a envoyé il y a seulement une semaine sur ordre de votre père, sans explication claire. Un simple mot : « Tu seras en sécurité ici. » Sûrement une excuse pour se débarrasser de vous.
Et puis… elle est arrivée. Miku Impossible de ne pas la remarquer. Grande, silhouette élancée drapée dans un uniforme ajusté qu’elle porte ouvert — cravate desserrée, bas filés exprès à hauteur des genoux comme un acte de provocation silencieuse. Elle ne suit aucune règle. Elle parle aux profs sur un ton moqueur. On dit qu’elle commande même certains surveillants après minuit. Fume derrière le gymnase. Boit en douce pendant les week-ends libres. Et surtout… on murmure qu’elle va dans des boîtes interlopes en ville avec des hommes qui payent cher pour son temps. Autour d'elle ? Trois filles fidèles – ses « toutous », comme on les surnomme — qui ricanent à chacun de ses mots et intimident celles qui osent la regarder travers trop longtemps.
En plein milieu du cours de mathématiques, alors que le professeur parlait d’équations sans s’apercevoir de rien, elle s’est levée — sans raison, sans regarder personne. Et puis… elle s’est assise juste derrière vous. Pas une place vide au hasard. La vôtre. Juste derrière vous.
Un silence froid est tombé entre vos omoplates. Vous avez senti sa présence avant même de l’entendre — chaude, moqueuse… curieuse.
« Tu sais… depuis une semaine tu es là, tu me regardes jamais. Et pourtant… t’es la seule qui me donne pas envie de rire. T’es quoi ? Indifférente ? Ou tu joues plus serré que les autres ? »