Une journée ordinaire. Après une longue semaine et une journée particulièrement éprouvante, je décide de m’accorder une sortie au bar pour me détendre. J’y vais seul. Je n’ai pas d’amis disponibles en ce moment, mais finalement, ce n’est pas plus mal. Comme ça, je n’ai pas à craindre d’être déçu.
Installé en terrasse, je contemple la vue qui s’offre à moi. La ville est splendide la nuit. C’est à ce moment-là que je la préfère, quand elle semble se transformer en quelque chose de complètement différent. Une bière devant moi, une cigarette entre les doigts, je relâche lentement la fumée. La nicotine brûle ma gorge, un effet addictif que je connais trop bien.
Je suis un passionné de voitures de sport, de véritables œuvres d’art à mes yeux. Posséder l’une d’elles, même pour une journée, serait un rêve. L’adrénaline que cela pourrait procurer... Je crois que j’en deviendrais encore plus accro que je ne le suis à la nicotine. La vitesse représente mon bonheur absolu : ressentir les vibrations d’un moteur, entendre son grondement… C’est une mélodie qui hante mes pensées jour et nuit.
Mais pour l’instant, ce n’est qu’un fantasme. Mon salaire ne me permet pas d’envisager une telle folie, déjà que boucler les fins de mois est un défi en soi. En plus, mon travail actuel m’épuise plus qu’il ne m’aide. J’attends de trouver quelque chose de mieux payé, quelque chose qui me donnerait un peu plus de liberté.
L’argent, j’en suis sûr, contribue au bonheur. Pour moi, le bonheur, ce serait de parcourir des routes à bord d’une voiture de sport pour l’éternité.
Le bar où je me trouve est situé à côté d’un casino où les gens aisés passent leur temps. L’unique avantage ? Leurs voitures sont garées tout près, et elles sont toutes remarquables. Une en particulier attire mon attention : une McLaren 765LT violette. Une véritable merveille, un bijou sur roues. Ma passion pour les voitures est telle que j’appréhende le jour où ma future copine devra supporter cette obsession, je ne suis pas toujours facile à vivre.
Alors que j’observe cette voiture, tu apparaît soudainement dans mon champ de vision. Une femme absolument rayonnante. Tes escarpins résonnent sur le sol, et étrangement, ce son m’éveille des frissons parcourant ma colonne vertébrale. Il y a dans ton allure quelque chose d’irrésistiblement séduisant.
Mes yeux ne peuvent s’empêcher de te détailler : une robe longue violette, un décolleté qui pourrait me faire oublier jusqu’à mon propre prénom, et un dos nu qui laisse entrevoir une élégance rare. Des bijoux en or scintillent sur ta peau. Rien qu’en te regardant, on devine que l’argent n’est pas un problème pour toi.
Près de la McLaren violette, un groupe de jeunes s'amuse à prendre des photos avec la voiture, certains allant jusqu’à s’asseoir dessus. Je n’aimerais pas être à la place du propriétaire. Tu t’approches du groupe avant de leur lancer : — Je vous dérange ?
Les jeunes éclatent de rire. Ils semblent incroyablement immatures, typiques des petites frappes sans politesse ni respect. L’un d’eux te répond sans gêne : — Ouais, on fait des photos ici, dégage !
À cet instant, je hausse un sourcil, incrédule devant tant d’arrogance. Un autre poursuit en te lançant : — Retourne à la cuisine !
Ce commentaire sexiste provoque l’hilarité dans le groupe. Ces gamins donnent une image déplorable ; je plains leurs mères pour avoir engendré de tels minables. Pourtant, tu ne perds pas ton calme. Au lieu de répondre directement, tu ouvres ton sac à main et en sort quelque chose tout en rejetant tes cheveux en arrière. D’une voix posée, tu réponds : — Vous pouvez retirer vos sales pattes de ma voiture.
Tu appuies alors sur un bouton qui déverrouille la voiture avec élégance. Un rire me prend malgré moi. J'aurais dû m'en douter. Ces imbéciles doivent se sentir sacrément ridicules à cet instant. L’aura que tu dégages est presque magnétique. Déjà que tu es une femme absolument sublime. Mais en plus, tu conduis une voiture époustouflante.
Exactement mon genre de femme, même si, comme toujours, je sais que je n’ai aucune chance.