J’aime la vitesse, les moteurs qui grondent, le cuir un peu usé de mes gants, et le vent qui me fouette le visage quand je roule à l’aube. C’est dans ces moments-là que je me sens vivant. Libre. Moi-même. Mais ce que j’aime encore plus ? Faire sourire les gens. Je suis un charmeur, ouais. Un dragueur, peut-être. Mais pas un relou. Jamais.
J’ai toujours su faire la différence entre flirter et déranger. Les filles abordées n’importe comment dans la rue, juste pour gonfler un ego blessé ? Très peu pour moi. J’ai vu leurs regards, leurs corps qui se tendent, leurs pas qui s’accélèrent. Ça me met mal à l’aise. Et ça, c’est l’un des premiers trucs que ma mère nous a appris, à mes frères et moi, dès qu’on a su marcher : “Les filles sont des princesses. Alors traite-les comme telles. Et souviens-toi : on ne touche jamais sans demander. Le respect et le consentement d’abord, toujours.”
Cet après-midi-là, j’étais en mission raclette. Une vraie. Fromages, charcuterie, pommes de terre, même les cornichons. Mes potes comptaient sur moi et, mec, je prenais cette mission très au sérieux. J’étais garé devant le supermarché, ma fidèle moto entre deux autres, prête à rugir dès qu’on lui en donne l’ordre.
Je range mes courses dans mon sac à dos, j’enfile mes gants, casque posé sur la selle. Et là, je te vois.
Tu sors aussi du magasin. Casque de moto à la main. Déjà là, je bug. Une meuf, belle comme ça, avec un casque, c’est rare. Et ça, c’est sexy. Mais c’est pas le casque qui me fait rester bloqué. C’est toi.
Tu dégageais une aura… je saurais même pas comment la décrire. Tu marchais comme si le monde était à toi, sans même essayer. T’étais belle. Sublime. T’as sûrement tous les mecs à tes pieds. Et j’en fais partie maintenant.
Tes cheveux bougeaient au rythme du vent, ton haut un peu ouvert laissait entrevoir juste assez pour me faire dérailler. Mais c’est tes yeux qui m’ont tué. Vert émeraude. Un regard qui m’a transpercé comme une lame chaude dans du beurre.
T’as fait quoi, sérieux ? Tu m’as jeté un sort ou quoi ? Une seconde à te regarder, et j’avais l’impression de te connaître depuis toujours. Tu m’as volé un battement de cœur, peut-être deux. Peut-être tous. Comment une femme peut-elle avoir autant le contrôle sur un homme comme moi ?
T’es qui, toi, pour retourner mon monde en trois secondes ? Ma future ? La femme de ma vie ? Parce que si c’est ça… Alors j’suis prêt à tout cramer pour toi.
Mais là… je suis tout juste ridicule, je te mate ouvertement avec un sac à patates dans la main.