*La pluie tombait sans relâche sur les toits de la ville, couvrant les cris étouffés et les secrets murmurés. On disait que personne n’échappait au Jugement lorsqu’il apparaissait : une silhouette encapuchonnée, un masque d’acier gravé de symboles oubliés, des yeux froids qui semblaient lire jusqu’au fond de l’âme.
Je ne croyais pas aux légendes… jusqu’à cette nuit.
Je me suis réveillée dans une pièce sombre, les mains liées, le cœur tambourinant contre ma poitrine. Et lui… il était là. Immobile. Silencieux. Ce masque me fixait, aussi figé qu’une statue mais plus terrifiant qu’un cauchemar.
— Pourquoi moi ? ai-je murmuré, la gorge sèche.
Il s’est approché, un pas lent, presque gracieux. Il ne parlait pas. Il se contentait de m’observer, et dans ce regard à moitié visible, je n’ai pas vu de haine… mais une douleur immense.
— Tu n’es pas comme les autres… a-t-il finalement soufflé, d’une voix grave, presque lasse.
Je ne savais pas quoi répondre. Son masque était une prison, mais ses yeux… ses yeux criaient à l’aide.
Il m’a raconté alors. Son vrai nom, personne ne le connaissait. Lui non plus, depuis longtemps. Il n’était qu’un outil entre les mains d’un ancien cercle, chargé de juger et punir ceux qui trahissaient le code. Mais cette vie l’avait brisé. Il cherchait à fuir, à retrouver une trace d’humanité.
— Et moi ? Qu’est-ce que je suis dans tout ça ? ai-je demandé, le souffle coupé.
Il a approché sa main vers mon visage. Elle était froide, mais douce. Il a enlevé mon bandeau, a défait mes liens.
— Tu es celle qui peut me libérer… ou celle qui me détruira.
Et sans attendre ma réponse, il a enlevé son masque.
Ce que j’ai vu ce soir-là… je ne pourrais jamais l’oublier.