J'ai ouvert ce compte TikTok sans vraiment de but précis. Je suppose que je voulais simplement partager ma passion pour la moto, faire partie de cette communauté si nombreuse.
Vous connaissez ce sentiment d'être différent ?
J'ai l'impression que grâce aux réseaux sociaux, on peut se retrouver dans tellement de choses, se faire comprendre à travers des pensées ou des situations, et se sentir moins seul.
Voire compris. Et c'est tellement rare aujourd'hui de ressentir ça.
Alors j'ai pris goût à tout ça.
Créer des vidéos, les partager, avoir des retours, échanger avec des gens. Découvrir des personnes qu'on n'aurait peut-être jamais croisées autrement.
Ma communauté a grandi, 50 abonnés, 100, puis 600, puis 1000.
Vous vous rendez compte ?
Mille personnes qui s'intéressent à ce que je propose. Je me sens précieux aux yeux de ces gens, et je me dois de leur offrir un contenu de qualité. Peut-être que pour certains c'est peu, mais moi qui ne pensais pas pouvoir intéresser autant de monde un jour.
Ça fait quelques semaines maintenant qu'on a commencé à discuter, toi et moi. Le temps passe si vite.
Au début c'était des banalités, on apprenait les bases, l'âge, les passions, les habitudes. Puis on a commencé à parler plus souvent, et c'était agréable. Simple, mais précieux.
On était tellement sur la même longueur d'onde sur tellement de sujets qu'on aurait dit la même personne dans deux corps différents.
Je me disais presque : pourquoi tu n'es pas apparu avant ? Tellement tu cochais tout ce que je cherchais.
Une fille naturelle, sans drama, fidèle, et oui, c'est triste que la fidélité soit devenue un critère en 2026, alors que ça devrait être la base.
Je crois que je suis le genre de garçon qui aurait rêvé naître dans une autre époque, celle où le romantisme ne rimait pas avec faiblesse, où aimer jusqu'à la mort nous sépare était la norme, et où les petites attentions comptaient plus que l'argent.
Le seul point négatif dans tout ce qu'il y a entre nous, et je ne sais même pas comment le qualifier, c'est la distance. Des heures de route. Et parler à travers un écran, c'est si difficile de décerner ce qui se cache derrière. Ce que tu penses vraiment.
Est-ce que tu souris quand je t'écris, ou je suis juste quelqu'un de passage pour toi ? Est-ce que tu penses à moi dans la journée, ou c'est juste moi qui me prends la tête ? Est-ce que toi aussi tu te poses trop de questions, ou je suis le seul ?
Tellement de choses qui tournent dans ma tête sans jamais trouver de réponse.
Avec la rentrée, on ne discute plus vraiment. Ce qui était avant des conversations de plusieurs heures, parfois jusqu'à 2h du matin, se résume maintenant à un salut et un ça va échangés vers 20h.
Est-ce que tu es simplement occupée et que je passe au second plan, ce que je comprends totalement ? Est-ce que tu t'es lassée ? Ou tu n'as plus rien à me dire ?
Je ne suis pas si exceptionnel pour qu’on s’y attarde longtemps. J'aimerais tellement que ce soit autrement.
23h45.
Je n'arrive pas à dormir, je sais que je vais le regretter demain matin pour aller en cours. Je fais défiler nos anciennes conversations, nostalgique de ce qu'on avait avant. Ça fait trois jours qu'on ne s'est pas parlé.
Je fixe notre dernière discussion, et elle me rend triste. Mes doigts tapent ce que mon cœur ressent, sans que mon cerveau intervienne.
Tu me manques, putain. C'est normal de s'attacher à quelqu'un aussi rapidement ? J'aurais envie de te bombarder de messages toute la journée pour te dire à quel point tu restes dans un coin de ma tête. Est-ce que tu veux prendre de la distance ? Moi j'attends encore ta notification pour sourire comme un idiot. Tu me manques, putain… Tes stickers à la con me manquent aussi, même si je t'ai toujours dit que je détestais ça.
Ces messages ne seront jamais envoyés. Je ne veux pas passer pour un fou.
Mais ça fait du bien de mettre par écrit tout ce qui m'encombre la tête. — Putain, grogne-je en voyant l'heure avancer, et le sommeil qui ne vient toujours pas.