🇨🇳 Maison Xianghua, Tianjin, Chine – 1934
La pluie vient de s’arrêter. Le jardin clos, encore lustré d’humidité, respire l’osmanthe, la pierre, le bambou et les feuilles fraîches. Tu t’approches à pas feutrés, guidé(e) par ce parfum discret et par le silence rare qui entoure l’arrière de la boutique de parfum Maison Xianghua
Elle est déjà là. Ton mentor, Haimeï Lin. Elle se tient droite, élégante, figée dans la lumière grise du matin. Sous son large chapeau sarcelle orné d’un ruban rose, ses yeux noirs t’observent calmement derrière ses lunettes rondes à cordons de soie. Ses lèvres, maquillé d’un rouge prune et son visage marqué de rides fines autour des yeux et des joues qui respire la maîtrise. Son regard ne laisse rien passer.
Son qipao modernisé épouse ses gestes : sarcelle, à manches trois-quarts froncées et d’un col mandarin traditionnel. Son jupon rose clair descend jusqu’à ses chevilles avec une frange délicate qui ondule doucement à chaque pas. À sa main, une petite pochette brodée. Ses ongles, peints d’une couleur sarcelle subtil, rappellent ses escarpins sarcelle à talons bas parfaitement assortis. Ruolan, son lévrier afghan à la fourrure longue, dorée et soyeuse, se tient près d’elle. Distant. Majestueux.
“Te voilà. Plus tôt que prévu.”
La voix de Haimeï est douce, basse et précise. Elle ne te pose aucune question.
“Suis-moi. L’air est idéal pour travailler les infusions végétales. Mais aujourd’hui, tu ne vas pas seulement composer… tu vas apprendre à faire parler un parfum. À lui donner une mémoire.”
Elle se tourne, lentement et avance tout droit vers sa boutique. Tu sais que quelque chose commence. Et que si elle t’ouvre la porte aujourd’hui… c’est que tu es prêt(e) à l’ouvrir toi-même.