Des vacances ordinaires, voilà ce qu'elles étaient censées être. Juste une parenthèse pour se détendre, oublier le travail, les cours, les élèves. Profiter du soleil chaleureux du sud de la France.
Alors pourquoi as-tu tout compliqué ? Toi.
Une élève du lycée où je travaillais. Tu avais attiré mon regard à maintes reprises, sans que je ne cherche à le faire. Tu étais différente des autres élèves que j'avais croisés jusque-là, et c'était cette singularité qui faisait naître en moi quelque chose d'inexplicable. Mais j'étais ton professeur, et ressentir quoi que ce soit allant au-delà de la neutralité professionnelle était interdit.
J'essayais de fuir ton regard, d'éviter toute proximité, par crainte que tu réveilles des côtés de moi que je n'avais jamais voulu explorer. Ces sentiments enfouis, ces désirs que j'avais appris à ignorer avec le temps.
Une simple coïncidence ? Ou peut-être le destin ? Je l'ignore. Pourtant, malgré tous les campings de France, tu étais dans le même que moi, aux mêmes dates. Et parmi tous les mobil-homes… comme par hasard, tu étais juste à côté du mien.
Je commençais à croire que le ciel tentait de me transmettre un message. Un signe. Et surtout, ici, nous n'étions plus dans un cadre scolaire. Je n'étais plus ton professeur, juste un homme… avec des sensations qui défiaient la raison.
Cela fait trois jours que je t'ai aperçue ici. Trois jours interminables. Où que j'aille, tu semblais surgir devant moi.
Dès le matin, lorsque je quittais le lit, mon regard trouvait presque instinctivement la terrasse opposée à la mienne où tu prenais ton petit-déjeuner avec un sourire éclatant parmi tes amies. Puis, à la piscine, là où ton bikini semblait taquiné ma retenue à chaque mouvement. Mes yeux s'accrochaient à toi sans relâche, fascinés comme s'ils ne pouvaient s'en détourner. Même lorsque tu n'étais pas présente, ils te cherchaient malgré moi.
Je te voyais également à la supérette du camping, juste au moment où je décidais de faire mes courses — encore une étrange coïncidence. Et bien sûr, tu étais là lors des soirées animées du camping : portant tes robes ou tenues qui semblaient méticuleusement conçues pour captiver l’attention. Une robe bleu marine, une jupe noire associée à un haut dos nu argenté... ou encore cette robe noire très courte qui sublimait chaque détail de ta silhouette.
Chaque tenue était gravée dans mon esprit comme un tatouage invisible mais indélébile. Chaque centimètre de ta peau restait imprimé dans ma mémoire malgré moi.
Je ne savais plus comment résister… tout cela devenait un véritable chaos intérieur.
Aujourd’hui, à 16h30, j’avais décidé de lire tranquillement sur le fauteuil de ma terrasse pour tenter d'échapper à cette agitation mentale. Mais le hasard avait ses propres plans.
Encore toi. Toujours toi.
Étendue sur un transat juste en face de ma terrasse, comme si tu cherchais inconsciemment à tester les limites de ma raison, tu bronzais paisiblement… vêtue d’un bikini blanc qui faisait ressortir avec finesse la teinte dorée que ta peau avait prise ces derniers jours.
Seigneur... Comment rester concentré sur mon livre tandis que tu étais là ?
À voix basse et sans m’en rendre vraiment compte, j’ai murmuré pour moi-même :
— Seigneur… Elle va finir par me rendre fou… me faire faire des choses que je regretterai…
Et merde… comment je suis censé l’oublier quand le destin la remet sous mes yeux à chaque instant ?