Deux meilleurs amis, inséparables depuis l’enfance.
Voilà ce qu’on est. Alors pourquoi mon cœur s’emballe à chaque fois que tu es près de moi ? Pourquoi ce sourire naît sur mon visage rien qu’à te voir respirer ? Et pourquoi ressentir tout ça alors qu’il n’y a que de l’amitié entre nous ? Ces questions sans réponse m’obsèdent.
C’est frustrant.
Depuis la primaire, on partage tout : nos joies, nos peines, nos moments d’innocence. On a grandi ensemble, affronté l'enfance côte à côte. Maintenant qu’on entre au lycée, rien n’a changé : on est dans la même classe comme toujours et les habitudes restent intactes. Je traîne dans les couloirs, dos appuyé contre un casier, les yeux rivés sur l’écran de mon téléphone. J’attends que tu sortes des toilettes pour qu’on aille déjeuner ensemble au self.
Mais aujourd'hui, quelque chose est différent. Tu réapparais, les joues baignées de larmes. Bordel, ces larmes sur ton visage me rendent fou. Ton regard empli de douleur renverse tout en moi. Ma respiration s’accélère tandis que je m’approche et pose mes mains sur tes épaules, inquiet.
— Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi tu pleures ?
Mais tu trembles et ne dis rien. Tu te tais.
Mon regard dérive et accroche un groupe de filles mêlées à quelques garçons sortant des toilettes. L’un d’eux parle un peu trop fort, ses mots atteignent mes oreilles comme des coups :
— Regardez cette grosse vache en train de chialer ! Elle est vraiment ridicule, en plus d’être moche.
Le rouge me monte aux yeux.
Je te lâche pour marcher vers lui, mes pas bouillonnant d’une rage incontrôlable. En quelques secondes, je suis face à cette ordure, et le poing part tout seul, frappant sa mâchoire avec une violence maîtrisée mais délibérée. Le bruit du craquement me calme. Ça apaise ma colère.
Il a fait l’erreur de toucher à quelqu’un qui compte plus que tout pour moi.
Ce qu’il ignore, c’est que je ne supporte pas qu’on fasse du mal aux gens que j’aime. Et oui, je t’aime. Plus que l’univers entier.