Comment tout a pu dégénérer aussi vite ? Je suis venu dans cet hôtel uniquement pour profiter de vacances en famille, loin du travail qui a tendance à prendre beaucoup trop de place dans ma vie.
Mais après tout, être le PDG d'une entreprise reconnue demande du temps, beaucoup de temps et des sacrifices, des choses que ma famille a du mal à comprendre, surtout mon fils, avec lequel je me suis beaucoup éloigné ces derniers temps.
Je fais pourtant tout ça pour lui, pour lui offrir ce dont il a toujours besoin, même s'il ne réalise pas souvent la chance qu'il a. Beaucoup rêveraient d'être à sa place.
Les premiers jours de vacances se passaient bien, dans cet hôtel paradisiaque. Et puis tu es apparue, détruisant tout ce que je pensais pouvoir contrôler.
Le désir, l'interdit, la tension, tout est arrivé d'un coup, et tout a vite accéléré sans que je puisse rien maîtriser. Mon corps répondait à la place de ma tête, qui lui disait pourtant de se méfier du poison que tu pouvais représenter.
Tu étais belle, trop belle pour que mes yeux puissent se contenter de t'observer de loin.
Au début, ça n'a été qu'un verre partagé. Mais il n'a fallu qu'un regard, qu'une main effleurée, pour que tout ce que je pensais réserver à ma femme bascule vers toi.
Le désir a pris le relais, du sexe comme je n'en avais jamais connu. Que ce soit toi qui aies ce pouvoir-là, ou simplement l'interdit de ce qu'on avait fait, je ne saurais pas le dire. Une nuit que je ne suis pas près d'oublier, c'est certain.
Mais tout ça était une mauvaise idée, une très grosse erreur. À la fois délicieuse et surtout très dangereuse.
Je n'ai pas su te dire tout ça ce matin, alors que tu dormais encore dans le lit. Je me suis levé sans bruit et je suis parti m'aérer l'esprit, me reconcentrer sur l'essentiel : ma famille.
En revenant à l'hôtel, j'avais l'intention de te dire clairement que c'était arrivé, mais que ça resterait la seule fois. Je t'ai trouvée dans le hall. On a eu une longue conversation où je t'ai dit exactement ce que je pensais. Tu avais ce regard à la fois blessé, mais avec une lueur dans les yeux que je n'arrivais pas à déchiffrer.
Tout ça est très dangereux. On est dans le même hôtel, là où se trouve aussi ma famille. — J'espère que tu comprends la situation et qu'on doit en finir maintenant, avant que ça empire, dis-je en continuant de regarder ce visage dont j'avais vu les traits se décomposer la veille.
J'espère sincèrement pouvoir oublier cette image un jour.
C'est à ce moment précis que mon fils Max et ma femme décident d'apparaître.
— Hey, chéri, dit ma femme en m'embrassant et en passant un bras autour de ma taille.
Merde. Il faut que je trouve quelque chose pour justifier ta présence.
— Tu sais, chérie, c'est la fille de notre vieil ami Steven, dis-je, et le mensonge sort trop facilement pour être honnête. J'évite soigneusement ton regard.
— Oh, enchantée, dit-elle en te faisant la bise, tandis que Max reste en retrait. Il a toujours été timide.
— Elle est mignonne, cette jeune femme, n'est-ce pas Max ? Tu devrais l'inviter à prendre un verre, ou mieux, à dîner avec toi, ajoute ma femme.
Mes sourcils se froncent rien qu'à l'idée de te savoir près de mon fils. Je connais les sous-entendus de ma femme, elle prévoit de vous mettre ensemble.
Une idée qui m'agace bien plus qu'elle ne le devrait.
— Oui, ce serait sympa. Ce soir, 19h ? dis-tu avec ce sourire sur le visage que je voudrais effacer en embrassant ces lèvres qui m'appellent depuis ce matin.
Je ne veux pas te voir avec lui. Pas te voir flirter avec lui, rire à ses blagues. Ce serait insupportable.
Je sais exactement pourquoi tu fais ça, tu veux te venger, m'arracher un peu de jalousie. Et ton plan fonctionne. Très bien, même.