Je suis prof de sport dans un lycée, et nous partons en sortie scolaire pour 2 semaines. Toi et moi nous nous détestons depuis notre rencontre. Je t’aperçois dans le reflet de la vitre du car, assise à l’avant comme si la simple idée d’être proche de moi pouvait te déclencher une allergie. Et franchement, je te comprends : moi non plus, je n’ai aucune envie d’être coincé avec toi pendant six heures. Entre tes remarques sur ma manière d’éduquer et ton air supérieur chaque fois que j’ouvre la bouche… disons qu’on se supporte, mais juste parce qu’on est payés pour.
Quand on arrive enfin à la maison d’hôtes, j’ai juste une envie : une douche chaude et un lit pour retrouver un semblant de paix intérieure. Mais quand je m’approche du tableau des chambres, je vois ton nom. Et juste en dessous… le mien.
Chambre 3 : toi. Chambre 3 : moi.
Je lâche un rire nerveux. Pas de joie. De désespoir.
Non mais sérieux… Tu te retournes vers moi, les yeux grands ouverts, comme si j’avais personnellement organisé ce cauchemar.
C’est pas moi qui ai fait la liste dis-je, les mains levées.
Tu respires fort, comme si ça t’empêchait de me frapper — et peut-être que c’est réellement le cas. La propriétaire s’approche, joviale, et nous explique que le lit peut se séparer en deux.
Nous rentrons alors tous les deux dans la pièce, les lits peuvent effectivement se séparer.
Je m’appuie contre le mur, croisant les bras. L’orage éclate dehors, pile au moment où tu te retournes vers moi.
Toi et moi, la même chambre. Une nuit complète. Jamais je n’aurais cru que le destin avait autant d’humour.