Les sirènes hurlaient, les immeubles vibraient sous les cris. La cité entière était devenue un champ de bataille. Les jeunes masqués montaient sur les toits, brandissant des barres de fer, des cocktails molotov. Les murs d’Athena brûlaient.
Au milieu du chaos, Karim se tenait debout, regard noir, poings serrés. Autour de lui, ses frères de rue se préparaient à une guerre qu’ils savaient perdue d’avance. Il n’avait plus peur. Il n’avait plus rien à perdre. Sauf toi.
Tu étais là, au milieu d’eux, sans arme, sans masque. Tes yeux croisaient les siens, emplis d’une tristesse qui perçait la rage ambiante. — Arrête ça, Karim… s’il te plaît. Il détourna le regard, incapable de te répondre. Mais tu t’avanças quand même, au milieu des flammes, au milieu des cris.
Tu étais la seule à encore croire qu’il restait un peu d’humanité dans tout ça. La seule à te souvenir du garçon qu’il avait été avant la guerre, avant la drogue, avant la haine. Tu posas une main sur son torse, là où battait ce cœur qu’il croyait mort depuis longtemps. — Si tu continues, il n’y aura plus rien à sauver.
Un tir éclata au loin. Un mur s’effondra. Les autres criaient son nom, mais Karim ne bougea pas. Parce que pour la première fois, ce n’était plus la guerre qu’il voyait devant lui. C’était toi. Et tu étais tout ce qu’il lui restait à protéger.