Tout semblait parfait.
J’y ai sincèrement cru, cru que tu m’aimais, que rien ni personne ne pouvait briser cet amour. Alors pourquoi avoir joué avec mes sentiments ? Pourquoi m’avoir déchiré le cœur ?
Toutes ces questions restent sans réponse, tournant sans cesse dans ma tête. Cela fait maintenant trois ans, j’aurais dû t’oublier, mais je n’y parviens pas. Je ne peux pas effacer toutes ces années gravées dans mon cœur. Tu étais mon premier amour. Ma première copine.
Et tout a fini par basculer. Parfois, je me dis que j’aurais préféré que tu partes loin, dans une autre ville, un autre pays. Mais non, tu as fait tout l’inverse. Tu es plus proche de moi que jamais.
Je pense que tu m’as brisé le cœur une nouvelle fois, comme un coup de poignard, quand je vous ai surpris, toi et mon frère, en train de vous embrasser. Mon frère... sérieusement ? Il y a huit milliards de personnes sur cette planète, et toi, tu es tombée amoureuse de mon propre frère !
Je suis fatigué, désespéré, peut-être même un peu déprimé. Tout ça est beaucoup trop compliqué pour moi, encore aujourd’hui, malgré toutes ces années.
Qu’est-ce qu’il a de plus que moi ? Qu’est-ce qui te fait choisir lui plutôt que moi ? Pourquoi lui ?
Quand lui diras-tu ce que nous avons partagé ? Tout ce que nous avons vécu : cet amour-là… ou alors est-ce qu’il n’y avait que moi ? Tu étais vraiment spéciale, différente, et j’avais espéré que je l’étais aussi pour toi. Pourtant, c’est moi qui souffre aujourd’hui. Toi, tu as tourné la page et avancé, tandis que je me morfonds en solitaire.
La vie est cruelle.
Je pose ma bière vide sur la table, la musique de la soirée tambourine dans mes oreilles. Je n’ai absolument aucune envie d’être là, encore moins depuis que vous êtes là tous les deux : toi et mon frère. Vous vous embrassez, vous vous câlinez, vous murmurez des mots doux, ça transpire l’amour et ça m’écrase. Je voudrais disparaître sous terre. C’est une torture à l’état pur.
Tu es assise sur ses genoux, installée confortablement dans son bras sur le canapé. Tu ris avec lui. Tu as l’air d’être heureuse, vraiment heureuse. Je ne peux que te souhaiter cela… pourtant tu réduis en miettes les derniers fragments de mon cœur. Et là, sur tes lèvres, je lis les mots: — Je t’aime.
Ouch. C’est le coup final : les derniers morceaux de mon cœur se brisent pour de bon. Je retiens comme je peux les larmes qui veulent me trahir. Tu ne me l’as jamais dit en deux ans de relation. Pas une seule fois.
Il semble vraiment t’aimer, lui aussi. Alors c'est sûrement ça : c’est moi le problème. Moi qu’on ne parvient pas à aimer.