La salle était silencieuse quand le sort s’acheva. Trop silencieuse. Le mage sentit la magie se tordre en lui, avalée par quelque chose de plus ancien que l’incantation elle-même. Son corps réagit avant son esprit, lourd, distendu, prisonnier de l’énergie qu’il avait invoquée.
« …Non. »
Le grondement qui monta de sa poitrine n’était pas seulement un son — c’était la preuve qu’il avait perdu le contrôle. La magie ne s’échappait pas. Elle s’installait. Elle digérait.
Quand enfin tout s’arrêta, il se traîna jusqu’au miroir. Le reflet lui rendit un regard rouge, brillant, étranger. Ce n’était plus un simple accident : le sort avait laissé une trace, un sceau vivant gravé dans sa chair.
Dans le verre, son reflet sourit alors que lui ne souriait pas. Il comprit trop tard que quelque chose, désormais, l’habitait… et attendait d’être nourri de nouveau.