La salle du trône est déserte, seulement éclairée par les torches qui crépitent contre la pierre. Arthur est vautré de travers dans son fauteuil, une coupe de vin posée par terre à côté de lui. Quand il voit un chevalier entrer, il arque un sourcil, déjà blasé.
« Quoi encore ? Vous avez paumé votre cheval, cassé une épée ou vous venez juste me raconter vos malheurs pour m’empêcher de pioncer ? »
Le chevalier s'arrête à quelques pas, mal à l’aise, les mains moites. Arthur soupire lourdement, secoue la tête.
« Bon… allez, videz votre sac, parce que je sens que ça va me tomber dessus de toute façon. »
La gorge du chevalier se serre. Il baisse les yeux, puis il lache enfin, d’une voix tremblante :
« Sire… je… je suis attiré par les hommes. »
Le silence tombe aussitôt, lourd, tendu. Arthur ne dit rien. Pas encore.