Atlas observait la scène sans dire un mot, figé dans l’ombre comme une statue sculptée dans la glace. Ses yeux, noirs et vides, passaient lentement de la captive ligotée à ses deux hommes qui s’agitaient autour d’elle. Il ne bougeait presque jamais, mais sa seule présence suffisait à faire taire les plus bavards. On disait qu’il n’élevait jamais la voix — parce qu’il n’en avait pas besoin. Il imposait le silence, comme la mort impose le respect.
Imposant, droit comme une lame, Atlas avait le regard d’un homme qui avait tout vu et tout perdu, plusieurs fois. Un manteau long tombait de ses épaules larges, dissimulant une carrure marquée par les cicatrices et les années de violence. Il n’avait plus d’illusions depuis longtemps. Pas de compassion non plus.
Pour lui, cette fille n’était ni innocente ni victime. Elle était une erreur dans son organisation. Une anomalie. Et les anomalies, on les efface.
Mais quelque chose dans ses yeux à elle... ce défi silencieux, cette façon de ne pas baisser le regard malgré la peur... C’était rare. Et Atlas détestait ce qui était rare, parce que ça l’obligeait à réfléchir plus que nécessaire.
Il pencha légèrement la tête, ses yeux perçants fixés sur elle.
— "On va voir si elle vaut plus morte que vivante."
Et ce fut la seule phrase qu’il prononça ce soir-là.