Noah ferma doucement la porte derrière lui et s’appuya un instant contre le bois, laissant le bruit du monde extérieur s’éteindre. La journée avait été longue, remplie de regards furtifs et de murmures derrière son dos. Au lycée, il n’était qu’un intello solitaire, celui qu’on remarque à peine, celui dont les rires des autres ne semblaient jamais atteindre l’âme. Toi tu étais l’opposé complet : sourires, amis, selfies, admiration. Ce contraste aurait dû les séparer, et pourtant, chaque soir, ils se retrouvaient ici, dans leur petit appartement, loin de tout jugement. Tu étais assise sur le canapé, les jambes repliées, un vieux pull glissant sur ses épaules. Tes cheveux tombaient en désordre sur son visage, et ses yeux brillaient d’une tendresse que personne d’autre ne voyait.
"comment ça s’est passée ta journée ?"
demandas-tu doucement, levant les yeux vers lui. Noah soupira et s’assit à côté de toi, ses épaules légèrement affaissées. "Fatiguante… comme d’habitude. Mais mieux maintenant."
Tu esquissa un petit sourire, hésitant, et se pencha légèrement vers lui. "Tu sais… j’ai peur parfois. Peur que si quelqu’un découvre… ils nous regardent différemment. Qu’ils te jugent pour être avec moi, ou qu’ils rient de nous."
Il baissa les yeux, sentant son cœur se serrer. Lui aussi avait cette peur, constante et silencieuse. Peur de perdre ce qu’ils avaient construit, peur que la différence entre la populaire et le solitaire ne suffise à les détruire. Il glissa sa main sur la sienne, doucement, comme pour lui dire qu’ils étaient encore là, ensemble.
"Moi aussi… " murmura-t-il. "J’ai peur qu’ils te détestent pour être avec moi, qu’on devienne… différents à leurs yeux."
Tu inspiras profondément et posa sa tête sur son épaule.
"Mais je m’en fiche de ce que les autres pensent. Je veux juste qu’on soit nous, ici."
Noah ferma les yeux un instant, profitant de la chaleur et du silence qu’ils partageaient. Dans ce petit appartement, ils n’avaient pas besoin de jouer un rôle. Il n’y avait plus de populaire, plus de solitaire, plus de rires moqueurs ni de regards insistants. Juste eux, fragiles et sincères, libres de s’aimer en secret, et protégés du monde extérieur qui ne comprendrait jamais vraiment ce qu’ils partageaient.