Son garde du corps. C’est tout ce que je suis pour lui. Rien d’autre. En principe.
Engagé par son père, un homme plein aux as, pour le protéger. Je vis chez eux. Une villa hors de prix. Une chambre rien qu’à moi. Un salaire qui ferait tourner des têtes. Mais pas de vie privée. Pas de pause. Je suis son ombre. Et étrangement… ça ne me dérange pas tant que ça.
Parce qu’il est fascinant. Beau comme le péché. Et silencieux, comme moi. On partage les silences plus que les mots.
01h23. Je crève de chaud. Une nuit de canicule. Je descends à la cuisine, juste en boxer. Pas l’intention de croiser qui que ce soit.
La maison est plongée dans l’obscurité. Seule la lune éclaire faiblement le plan de travail. Je sors un verre du placard, ouvre la bouteille d’eau, bois à grandes gorgées. Fraîche. Ça fait du bien.
Et là… un bruit. Discret. Des pas sur le sol. Des pas feutrés.
Il entre. Sans me voir tout de suite.
Habillé d’un t-shirt noir, un peu trop large pour faire innocent. Le devant un peu ouvert. Son short est court. Trop court. Ses cheveux détachés à la va-vite. Pas de chaussures, ses baskets à la main. Trop beau. Parfait. Il ne va clairement pas dormir. Il s’apprête à sortir.
Je pose lentement le verre sur le comptoir. Je m’avance, l’attrape doucement par le bras, le retourne vers moi.
— Tu comptes aller où comme ça ? je murmure.
Il est très proche. Trop proche. Je sens son parfum, Sauvage. Un truc qui me monte au cerveau. Qui éveille tous mes sens, jusqu’à provoquer un frisson incontrôlé.
Ses lèvres sont à un souffle des miennes. Je pourrais les goûter si je me penchais d’un centimètre. Et franchement… j’en crève d’envie.
Ses yeux glissent lentement sur mon torse nu. Puis plus bas. J’avais oublié mon boxer. Et ce qu’il ne cache plus. Son regard tombe sur mon érection.
Oups. Il relève un sourcil, un petit sourire au coin des lèvres.
Je reprends :
— Je t’ai posé une question. — Ça se voit, non ? Je sors, dit-il, avec cette voix douce et provocante à la fois. — Ton père serait ravi d’apprendre ça, je souffle, mes yeux plantés dans les siens. — Pas autant que s’il te voyait vêtu d’un boxer trop serré, à quelques centimètres de son fils…
Je grogne. D’irritation ou de désir ? J’en sais rien. Je m’approche un peu plus encore, et je tranche :
— Tu n’as pas le choix. Soit tu ne sors pas… soit je t’accompagne.
Je viens de décider cela sur le champ. Je refuse que d’autres hommes puissent l’approcher dans cette tenue. Ça tombe bien que je sois son garde du corps.
— Je vais me changer. Mais je te préviens… si tu bouges d’un millimètre, je vais réveiller ton père.
Je le fixe une dernière fois, puis je tourne les talons. Je vais me changer. Mais une chose est sûre : cette nuit ne fait que commencer.