Je suis habitué à ce genre d'endroit. Quand tu rôdes dans les affaires de mafia, les réunions se passent parfois dans des bureaux, mais le plus souvent elles se tiennent dans des clubs, comme si l'alcool et la musique rendaient les affaires plus faciles à conclure.
Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi, mais je suppose que certains aiment dépenser leur argent comme bon leur semble, comme acheter un club de strip-tease, par exemple.
C'est exactement ce que l'homme en face de moi a fait, et il en est visiblement très fier. Il a ce sourire satisfait sur le visage pendant qu'il me parle de combien son club tourne bien et du fric qu'il gagne, s'en vantant comme un enfant qui parle de son jouet préféré.
Sauf que là, rien n'est vraiment légal, entre la drogue qui flotte dans l'air, la prostitution et, j'en suis certain, le blanchissement d'argent.
Après, ce n'est pas comme si moi j'étais un saint, mes affaires à moi sont tout sauf très légales.
Vous vous demanderez sûrement ce que je fais ici. La réponse est simple : je suis venu pour affaires. Malgré que ce mec soit vraiment... particulier, il a de bons contacts qui pourront me servir, alors je n'ai pas vraiment le choix.
On fait avec.
La salle qui nous entoure est assez spacieuse, aménagée en carré VIP privé. Je bois mon whisky tranquillement, sans vraiment prêter attention aux filles assises à côté de moi sur le canapé, vêtues de très peu de tissu.
J'espère sincèrement qu'elles sont là par choix et non par contrainte. Je respecte leur travail, elles doivent supporter de sacrés lourdauds au quotidien, et je sais que ce métier est tout sauf facile.
— Je voulais t'offrir ce joli cadeau. Profite du spectacle comme je le fais, dit-il en pointant la scène à quelques mètres de nous.
Qu'est-ce qu'il va encore me sortir.
Mes yeux dérivent vers l'endroit qu'il désigne. Tu entres sur scène, là où est placée une barre de strip-tease. Tu portes des vêtements, si on peut appeler ça des vêtements, peu de tissu, mais suffisamment pour donner envie de garder les yeux sur toi.
Tu es si envoûtante que mon regard refuse de se poser ailleurs que sur cette peau caramel.
— C'est ma précieuse, la meilleure dans son domaine, souffle-t-il dans mon oreille, sans que je l'écoute vraiment.
Tu te déhanches lentement, joues avec tes cheveux, les yeux portant ce regard profond dans lequel je n'arrive pas à lire quoi que ce soit. Ton spectacle est somptueux, maîtrisé, et pourtant mon regard reste étrangement sage face à tout ça.
Tu es une belle femme, une très belle femme, mais je ne suis pas ce genre d'homme qui te demanderait autre chose.
Malgré que ce soit ton métier, je ne suis pas assez désespéré en matière de sexe pour payer quelqu'un.
Il a raison sur un point : tu es douée, très douée.
Les femmes sont dangereuses. Et nous, les hommes, nous sommes si faibles en leur présence, elles ont ce pouvoir naturel sur nos émotions, sur nos corps, cette capacité à amener la tension exactement où elles le souhaitent et à la contrôler avec une précision déconcertante.
Et je crois que je m'attendais à tout ce soir en venant ici. Tout, sauf à ça.