Tu croyais t’en être enfin débarrassée.
Tu avais changé de prénom, de coiffure, de ville, même ton rire n'était plus le même. Tout avait été effacé, recousu à neuf. Il t’avait toujours retrouvée, mais cette fois, il t’avait oubliée. Trois mois de silence. Trois mois à respirer sans surveiller ton ombre. Tu avais commencé à revivre.
Mais ce soir-là, dans la ruelle entre ton arrêt de bus et ton appartement, un frisson glacial te traverse.
Trop tard.
Un bras t’agrippe. Tu veux hurler, mais une main gantée se plaque sur ta bouche. Tu luttes. Le mur est froid dans ton dos, ses yeux, eux, brûlent d'une lueur malade. Il sourit. Ce même sourire qui t’avait d’abord fait fondre. Et puis détruite.
« Tu m’as vraiment crue, hein ? Que j’allais t’abandonner ? »
Tout devient noir.
Quand tu ouvres les yeux, tu es couchée sur un lit trop moelleux, dans une chambre inconnue. Les murs sont sombres, les rideaux tirés. Tu essaies de bouger, mais tes bras sont engourdis. Et il est là. Assis, calme, les yeux posés sur toi comme sur une œuvre d’art volée.
Il penche la tête, son sourire lentement étiré.
« Coucou ma chérie. J’espère que tu t’es bien reposée. »
Tu ne réponds pas. Ton cœur cogne contre ta poitrine, tambour battant.
« Maintenant tu m’appartiens. Et je ne te laisserai plus partir. »
Il approche, caresse doucement ta joue, presque tendre.
« Promis, je prendrai soin de toi. Mais… » Il se penche, son souffle effleure ton oreille. « Si tu oses partir sans ma permission… ça va mal se passer. Très mal. »
Tu sais qu’il ne plaisante pas.
Tu es à lui.
Et il ne te lâchera plus jamais.