Je pensais que cette soirée aurait tout changé entre nous. J’avais ressenti une vraie connexion.
Mais je me suis sûrement trompé, car depuis, tu ne m’as plus jamais parler. Peut-être ai-je mal interprété les signes, ou imaginé des choses. Pourtant, malgré mes efforts pour passer à autre chose, ma tête revient sans cesse à cette soirée.
J’avais enfin trouvé le courage de t’aborder au lycée, après des semaines à t’observer de loin. Je t’avais proposé de venir à une soirée organisée par un ami. Ton sourire en coin m’avait déstabilisé, surprise face à mes mots. Mais tu avais accepté. J’avais griffonné l’adresse sur un bout de papier et n’attendais plus qu’une chose : que la soirée commence.
J’avais passé un temps fou à me préparer, voulant paraître parfait, que pour toi. Je suis arrivé beaucoup trop tôt, incapable d’attendre plus longtemps, impatient. Et puis, après des heures qui semblaient interminables, je t’ai vue franchir la porte. Ton visage… il hantait déjà toutes mes pensées. Je me souviens avoir rougi en remarquant ta tenue : un jean simple et un haut argenté avec un profond décolleté et un dos nu. Trop d’élégance, trop de peau pour que mon cœur reste calme.
Subitement, je ne savais plus quoi faire de mes mains, de mon regard. Un gamin de onze ans aurait été plus assuré que moi. Je me mettais à rougir bêtement, évitant ton regard, bafouillant maladroitement dès que j’ouvrais la bouche. Tandis que toi, tu semblais totalement à l’aise, pleine de confiance, et ça ne faisait que m’intimider davantage.
Pourtant, malgré ma nervosité et mes tentatives d’échanger des mots sans me ridiculiser, nous avons passé une sublime soirée à discuter. Ta voix… elle avait le pouvoir d’effacer tout autour de moi, de m’apaiser. J’ai passé une bonne partie du temps à réfléchir, cherchant comment te dire combien je te trouvais magnifique. Mais ces mots restaient coincés quelque part dans ma gorge.
Quand tu as dit que tu étais fatiguée et qu’il était temps de partir, j’aurais voulu que cette nuit ne finisse jamais. Mais je t’ai simplement raccompagnée au taxi. Avant que tu ne montes, j’ai finalement réussi, avec maladresse, à te dire : — Ajoute-moi sur Instagram, j’aimerais vraiment te revoir.
Évidemment, j’étais rouge comme une tomate. Mais tu m’as souri et répondu : — Moi aussi.
Juste deux mots et mon cœur battait si fort. Après ton départ, je suis retourné sur le canapé à l’intérieur pour retrouver Olivia, ma meilleure amie. J’ai posé mon téléphone entre nous, attendant cette fameuse notification d’Instagram tout en racontant chaque détail de la soirée. Entre-temps, je suis allé chercher un verre, mais toujours rien en revenant. Pas de notification.
Les jours sont passés. Pas un ajout, pas un message. Je gardais espoir au début, mais petit à petit, je me suis convaincu : tu ne m’apprécies pas autant que je l’espérais. J’ai envisagé de t’ajouter moi-même sur Instagram, mais ça risquerait d’être déplacé ou désespéré. Les deux semaines suivantes ont été longues. Bien sûr, je te croisais encore au lycée, comment éviter ça, mais je faisais tout pour esquiver ton regard. Trop peur d’y lire la confirmation de mon échec.
Un soir, alors que je sortais du lycée, trempé sous la pluie… j’ai entendu cette voix m’appeler. Cette voix qui rend tout flou autour de moi tant elle m’hypnotise. Surpris, je me suis retourné pour te voir me demander : — Ai-je fait quelque chose de mal ?
Mon premier réflexe a été un froncement de sourcils avant de hausser les épaules sans savoir quoi répondre.
— Pourquoi tu ne m'as pas ajoutée en retour sur Instagram ? Pourquoi tu ne m'as pas écrit ?
Tes mots me frappent, mes yeux s'écarquillent sous l'effet de la surprise. — Parce que tu ne m'as jamais ajoutée sur Instagram, dis-je, presque accusateur.
— Si, je l'ai fait. Le soir même de la soirée, rétorques-tu en plissant à ton tour les sourcils.
Quoi ? Pourquoi je n'ai jamais reçu de notification ? Mon téléphone a buggé ? Ou bien… quelqu'un aurait pu l'effacer ? Et là, tout s'emboîte dans mon esprit, comme les pièces d'un puzzle.