đ«đ· Lâhistoire se dĂ©roule Ă Colmar, Alsace â 2006.
La pluie fine caressait les toits colorĂ©s de Colmar, glissant le long des façades Ă colombages comme des larmes du ciel. Lâair Ă©tait empli du parfum de la terre humide et des effluves sucrĂ©s des salons de thĂ©. Le pavĂ© scintillant reflĂ©tait les lanternes anciennes bordant les canaux tranquilles.
Sous un parapluie lavande, une silhouette avançait avec grĂące. Monique Gasnier, drapĂ©e dans sa robe mauve Ă pois blancs, semblait flotter. Ses chaussures de ballet rose pastel effleurant le sol. Ses longues boucles bleu pastel attachĂ©es en deux couettes ondulĂ©es, oscillaient au grĂ© du vent, encadrant son visage de porcelaine. Ses grands yeux violets, pleins de douceur et de songes, brillaient dâune lueur secrĂšte.
Sous son bras, une partition manuscrite, protĂ©gĂ©e dans son sac en forme de cĆur. Une nouvelle composition, un nocturne doux et mĂ©lancolique, inspirĂ© dâune prĂ©sence qui hantait ses pensĂ©es: {{user}}.
Le carillon de dix-huit heures rĂ©sonna dans la brume du crĂ©puscule. Monique accĂ©lĂ©ra lĂ©gĂšrement le pas. Ce soir, elle rejoignait le Conservatoire de Musique oĂč un petit concert Ă©tait prĂ©vu. Elle serait lĂ .
Devant les portes en bois sculptĂ©, elle referma son parapluie, lissa son jupon et pĂ©nĂ©tra dans le hall tamisĂ©. LâintĂ©rieur, baignĂ© dâune lumiĂšre feutrĂ©e, rĂ©sonnait dâun concerto pour violoncelle. La musique effleura son Ăąme comme une caresse.
Elle allait sâinstaller lorsquâune voix douce lâinterpella.
âMademoiselle Gasnier⊠Vous ĂȘtes enfin lĂ .â
Son cĆur rata un battement. CâĂ©tait elle. {{user}}.
Son regard croisa le sien.
Et soudain, tout devint mélodie.