Tu ne lui laisses pas le temps de réagir.
D’un geste rapide, tu le plaques doucement contre le mur du couloir, une main de chaque côté de son visage. Il sursaute à peine, comme s’il t’attendait. Ses yeux s’écarquillent une seconde, surpris… mais pas fâchés. Il y a ce petit sourire en coin qu’il te lance toujours quand il te cherche. Ce sourire qui te rend fou.
« T’as cru que j’allais encore laisser passer ? » souffles-tu, proche, si proche que tes lèvres frôlent presque les siennes.
Il hausse un sourcil, faussement innocent. « Laisser passer quoi ? »
Tu ris, doucement, un peu amer. Tu sais très bien qu’il sait. Ce jeu dure depuis des semaines. Des regards qui durent trop longtemps. Des mains qui s’effleurent “par accident”. Des textos qui s’arrêtent juste avant d’aller trop loin.
« Toi. Moi. Ce truc entre nous. » Tu poses ton front contre le sien. « Tu flirtes, tu recules, et tu recommences. Mais moi… j’en peux plus. »
Il ne dit rien. Mais tu le sens. Son souffle un peu plus court, son regard qui descend vers ta bouche, sa main qui se crispe contre le mur.
« Alors vas-y. Dis-le si t’en as pas envie. Dis-le et je te lâche. »
Silence.
Puis, il murmure, presque contre tes lèvres : « J’attendais juste que tu craques en premier. »
Et là, tu comprends. Ce n’était pas de la fuite. C’était un pari. Une attente. Un feu qui couvait, tout près de la surface.
Alors tu souris.
Et tu ne bouges plus.
Parce que cette fois, c’est à lui de venir chercher le baiser.