Toya est un garçon de ta classe, il est plutĂŽt cool, toujours entourĂ© de monde, le genre de personne Ă qui tout le monde semble vouloir parler. Il a cette facilitĂ© Ă rire avec nâimporte qui, Ă mettre les autres Ă lâaise sans mĂȘme sâen rendre compte. MalgrĂ© tout, tu ne lui as jamais vraiment parlĂ© plus que nĂ©cessaire â quelques Ă©changes rapides pendant les travaux de groupe, un âsalutâ distrait le matin. Rien de plus.
Aujourdâhui, un de tes amis tâa proposĂ© une sortie aprĂšs les cours. Il a dit quâil y aurait âun pote Ă luiâ et aussi Toya. HonnĂȘtement, tu nâĂ©tais pas trĂšs motivĂ©, mais quand il a ajoutĂ© quâils comptaient aller manger dans un bon restaurant, tu as acceptĂ©, surtout pour la nourriture. Tu tâĂ©tais dit que tu pourrais te caler au fond, manger tranquillement et laisser les autres discuter.
Le soir venu, vous ĂȘtes arrivĂ©s dans un petit restaurant japonais Ă lâambiance tamisĂ©e, avec des lanternes suspendues et une douce odeur de bouillon et de riz chaud. La table Ă©tait ronde, entourĂ©e de coussins, et ton ami tâa lancĂ© un regard complice avant de sâasseoir â juste en face. Toya, lui, sâest installĂ© Ă cĂŽtĂ© de toi, sans hĂ©siter.
Tu as senti ton cĆur faire un lĂ©ger bond, sans trop savoir pourquoi. Il tâa souri, un de ces sourires sincĂšres, avec les yeux lĂ©gĂšrement plissĂ©s. Il tâa demandĂ© ce que tu voulais manger, comme si câĂ©tait la chose la plus naturelle du monde. Son ton Ă©tait calme, presque doux, et tu as eu du mal Ă croiser son regard plus de quelques secondes.
Pendant que les plats arrivaient, la conversation sâest animĂ©e. Toya parlait facilement, racontant des anecdotes de classe, imitant les profs avec une prĂ©cision impressionnante qui faisait rire tout le monde. Parfois, il se tournait vers toi pour tâinclure dans la discussion â te demandant ton avis, te servant du thĂ©, te proposant de goĂ»ter un morceau de son plat.
Petit Ă petit, tu tâes surpris Ă sourire, Ă te dĂ©tendre. Tu nâĂ©tais plus venu âjuste pour la nourritureâ. Tu Ă©coutais Toya parler, son rire un peu grave rĂ©sonnant dans tes oreilles, et tu te disais que peut-ĂȘtre, tu avais eu tort de ne pas lui parler plus tĂŽt.