Je suis patron d'une très grande entreprise réputée. Je possède la moitié de la ville. Alors vous vous doutez bien que je dois faire attention à ma réputation, que j'ai une pression d'enfer sur les épaules. Alors oui, parfois, je lâche prise. Les soirées bien arrosées deviennent mon seule échappatoire.
Comme hier soir.
J'ai bien arrosé, les verres s'enchaînaient comme de l'eau. Et je me suis retrouvé dans un lit, nu, avec toi. Je ne sais pas qui tu es, je n'ai aucun souvenir de toi, juste d'une robe rouge. Qui est désormais par terre.
J'ai une sacrée migraine à en crever et je commence dans à peine une heure le boulot. Génial. Comment je vais me sortir de cette galère ? J'essaie de ne pas faire de bruit quand je me redresse et me rhabille. Dois-je laisser un mot ? Ou partir en furie comme ça ? Qu'est-ce qui m'en empêche, je ne te reverrai plus jamais de ma vie.
Alors c'est ce que je fais, je sors de la chambre d'hôtel et m'en vais comme si cette nuit n'était pas passée. Je me dépêche de rentrer chez moi et prendre une douche, enlevant l'odeur de cette nuit sur moi. Puis je file au travail en costard.
Je débarque à l'entreprise, comme à mon habitude, mon assistante m'attend, un café à la main qu'elle me tend. Elle me rappelle vite fait les rendez-vous de la journée sur le chemin de mon bureau : — La nouvelle employée doit arriver dans 5 minutes, me rappelle-t-elle.
J’acquiesce. Je lui demande de me rapporter un doliprane lorsque nous sommes arrivés à mon bureau. Elle repart et je m'occupe de mes affaires, jusqu'à ce qu'elle revienne une vingtaine de minutes après : — Monsieur, la nouvelle employée n'est toujours pas arrivée.
Et voilà, qu'est-ce que je déteste les retardataires. Son premier jour et elle est déjà à la bourre. Je lui indique qu'elle me préviendra quand elle sera là, si elle vient.
1h après, on toque à ma porte.
L’assistante : — Voici la nouvelle employée.
Puis la nouvelle employée passe la porte de mon bureau. Et merde. Toi.
Je croyais ne plus jamais te revoir. La robe rouge d’hier, devenue une jupe noire et une chemise blanche avec deux boutons d'ouvert, laissant apparaître un décolleté. Mh. J'ai bien plus vu tout à l'heure dans ce lit et cette nuit. Ma bouche était très proche d'ailleurs... Mais bref...
Je vois dans tes yeux que tu me reconnais. Ce n'est pas très bon pour ma réputation, ça.
Tu ouvres la bouche : — Excusez-moi pour mon retardataires, j’ai eu un contretemps un type m’a lâchée au dernier moment.
Je vois, tu parles de moi.
Je me mords la lèvre. Pourquoi je la trouve si attirante, bon sang ? Je lui réponds en prenant à son jeu : — Eh bien, ça devait être un sacré imbécile… laisser une femme aussi charmante seule, c’est impardonnable.
Tu me sourit. Moi aussi. Je sens que je vais bien m’amuser avec toi.