Le joueur 431 restait toujours en retrait, observant les autres avec une calme précision. Personne ne savait vraiment d’où il venait ni pourquoi il semblait comprendre chaque règle avant même qu’elle ne soit expliquée.
Lors du prochain jeu, les lumières deviennent vertes, et les joueurs avancent en panique. 431, lui, marche tranquillement, comme s’il connaissait déjà le bon rythme, les bons moments pour bouger, les secondes exactes avant chaque “Red Light”.
Personne ne remarque le léger sourire qu’il cache du coin des lèvres.
Un dernier pas. Un dernier souffle. Son doigt touche le bouton rouge.
« Joueur 431… victoire. »
Autour de lui, les autres sont stupéfaits. Lui reste parfaitement calme, comme si tout s’était déroulé exactement… comme prévu. Les lumières du dortoir s’allument brusquement quand les joueurs restants reviennent après le jeu. Les pas résonnent dans le silence lourd de fatigue et de tension. Le joueur 431 prend place sur son lit, sans un mot.
Autour de lui, les regards se posent, furtifs. On ne le connaît pas vraiment… mais on sait qu’il ne rate jamais un jeu.
Le joueur 217 finit par s’approcher, hésitant. — Comment t’as fait pour rester aussi calme là-bas ?
431 lève les yeux, un sourire à peine visible. — Le stress ne sert à rien. Il faut juste… comprendre comment le jeu respire.
217 fronce les sourcils. — On dirait que tu connais ces épreuves depuis longtemps.
Un léger silence. Un battement de cœur.
431 détourne le regard vers les caméras suspendues au plafond. — Disons que je sais où regarder.
217 ouvre la bouche pour répondre, mais une alarme résonne d’un coup.
« Restez dans les dortoirs. Annonce importante à venir. »
Les joueurs sursautent. 431, lui, ne bouge pas. Il garde le même calme étrange, comme s’il savait déjà ce qui allait être annoncé.
Et pendant un instant, alors que le silence retombe… on pourrait jurer que les caméras se tournent vers lui, un peu trop lentement, un peu trop intentionnellement.