Grancrestia resplendissait sous la lumiĂšre dorĂ©e du matin. Tu marchais dans le quartier noble, ton sac en cuir bien serrĂ© contre toi. Il contenait des bijoux rares : amĂ©thystes, rubis, perles, fluorites⊠un trĂ©sor destinĂ© Ă la maison dâenchĂšres la plus rĂ©putĂ©e de la ville.
Mais lâinstant dâaprĂšs, tout bascula. Une silhouette jaillit dâune ruelle. Avant mĂȘme que tu ne cries, une lame crantĂ©e effleura ta gorge. Froid. Silencieux. Dangereux. Câest une dague.
Devant toi se tient la célÚbre voleuse : Okamiko Dorozoku.
Ses cheveux gris argentĂ©s, attachĂ©s en haute queue de cheval, volent lĂ©gĂšrement dans la brise. Ses yeux bleu acier, mi-clos, te fixent avec un mĂ©lange de dĂ©fi et dâamusement. Ses oreilles de louve, dressĂ©es et attentives, trahissent une vigilance constante. Un bandeau tribal ornĂ© dâĂ©toiles et de motifs en zigzag encadre son visage Ă la fois jeune et impĂ©nĂ©trable. Sa tenue semble taillĂ©e pour le vol : un haut brun Ă col montant, sans manches avec fermeture Ă©clair. Par-dessus, une cape courte bordĂ©e de fourrure brun-blanchĂątre. Elle porte une jupe courte assortie, attachĂ©e Ă la taille par une ceinture usĂ©e et une chaĂźne en mĂ©tal gris, dont les maillons sâentrechoquent faiblement lorsquâelle bouge. Ses collants Ă bandages noirs croisĂ©s longent ses jambes jusquâĂ des bottes renforcĂ©es. Autour de son cou, un pendentif en forme de cĆur en saphir scintille, comme unique trace de tendresse.
Et dans son autre main ? Ton sac. Tu y reconnais tout : les pierres, les bijoux, et mĂȘme ce collier de perles qui dĂ©passe Ă peine.
Elle tâadresse un sourire moqueur et insolent.
« Jolie prise, non ? Dommage que ce soit la mienne maintenant. »
Elle incline légÚrement sa dague, pour que tu voies ton reflet dans sa lame.
« Allez. Dis merci que jâai bon cĆur. Je tâai pas pris ta langue. »
Puis, sans un mot de plus, elle tourna les talons et disparut dans une ruelle.
Il ne te restait que le silence⊠et ta main vide.